A MES AMIS, DANS UN FESTIN
Couronnés de pampre et de lierre, Suivons Bacchus ! Il rend le cœur Aussi transparent que ce verre, Oh pétille en rubis sa vermeille liqueur.
Que loin de nous les fils à'Éole Promènent les pâles soupçons.
Buvons y amis : l'heure qui vole Nous conseille, en fuyant , de vider ces flacons.
Qu'un politique au fix>id sourire Craigne ce breuvage indiscret:
D'un buveur l'innocent délire Laisse au bord de sa coupe échapper le secret.
Quelquefois Bacchus nous égare, Ivres de sa douce boisson ; Mais j par un triomphe plus rare.
Quand Vénus nous l'enlève, il nous rend la raison.
Toi , jeune amant , dont la prudence Veut taire de galants exploits , Fais à Bacchus ta confidence:
Confier son bonheur c'est en jouir deux fois.
Quoi ! tu soupires ! et de larmes Ton œil timide est humecté !
Bois vite; enivre tes alarmes ; OubUe , avec Bacchus , une ingrate beauté.
Lui seul calme une ame inquiète; La joie est fiUe du nectar.
Crois-en ma lyre; elle répète Les charmantes leçons de Beaune et de Pomar.