‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 17 sur 177 · A MES AMIS, DANS UN FESTIN · texte numérisé non relu

A MES AMIS, DANS UN FESTIN

Couronnés de pampre et de lierre, Suivons Bacchus ! Il rend le cœur Aussi transparent que ce verre, Oh pétille en rubis sa vermeille liqueur.

Que loin de nous les fils à'Éole Promènent les pâles soupçons.

Buvons y amis : l'heure qui vole Nous conseille, en fuyant , de vider ces flacons.

Qu'un politique au fix>id sourire Craigne ce breuvage indiscret:

D'un buveur l'innocent délire Laisse au bord de sa coupe échapper le secret.

Quelquefois Bacchus nous égare, Ivres de sa douce boisson ; Mais j par un triomphe plus rare.

Quand Vénus nous l'enlève, il nous rend la raison.

Toi , jeune amant , dont la prudence Veut taire de galants exploits , Fais à Bacchus ta confidence:

Confier son bonheur c'est en jouir deux fois.

Quoi ! tu soupires ! et de larmes Ton œil timide est humecté !

Bois vite; enivre tes alarmes ; OubUe , avec Bacchus , une ingrate beauté.

Lui seul calme une ame inquiète; La joie est fiUe du nectar.

Crois-en ma lyre; elle répète Les charmantes leçons de Beaune et de Pomar.

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