‹ Œuvres choisies de LebrunChapitre 63 sur 177 · LIVRE SECOND. loi · texte numérisé non relu

LIVRE SECOND. loi

« Eh ! que yois-je par-tout ? les maux, les jougs funestes , . « Où yous-mémes tous condamnez.

« De ces vieilles forêts le silence tous crie : « Soyez libres ; fiiy ez , brisez vos chaînes d W ; « Brisez ce fer jaloux dont lavare furie « Défend ce coupable trésor.

« Je cachois donc en vain l'or au fond-des abymes * ! « Vous vous précipitez dans ces gouffi*es pervers ;

< Et des sources de Top- jaillissent tous les crimes

« Dont vous inondez Funivers.

< Votre luxe orgueilleux insulte mes campagnes; « Il ose me bannir du sein de vos remparts :

< Mes rustiques palais , ces vallons , ces montagnes ,

« Semblent trop vils à vos regards.

« Oii prétendent voler ces forêts vagabondes? « La patrie à vos yeux est-elle sans appas ? « Pourquoi fatigue&vous les deux mers, les deux mondes ? « Le bonheur germoit sous vos pas.

« Le Niger a vendu ses fils et son rivage « A vos brigands d'Europe 1 et, si nous les croyons > « Flambeau sacré du jour, cet indigne esclavage « Est le crime de tes rayons !

' Awrum irrepertum^ etc. Hobacb.

loa ODES.

« Ail ! que n a-t-il des mers expiré la victiine « L'insensé qui tenta leurs gouffres menaçants \ « Et put voir, sans pâlir, de lorageux abyme , « Bondir les monstres mugissants ' !

« Sans ravir aux Incas leurs richesses lointaines , « Ici rémail des fleurs, 1 or des épis flottants , « L'émeraude des prés , et l'argent des fontaines , « Prodiguent mes dons éclatants.

« Et vous m'abandonnez à des amants serviles « Qui semblent moins cueillir qu^arracher mes Saveurs , « Tandis que mon rival , ce luxe aimé des villes , « Obtient vos aveugles ferveurs !

« G etoity cétoit jadis dans le sein des bocages a Que la main des héros m'éleva des autels ; ft Mon culte généreux forma ces grands courages « Qu on mit au rang des immortels.

« Les bois , les prés , les eaux , Zéphire et ses murmures , n C&s asiles secrets au sage réservés , « Ces trésors ingénus , ces délices si pures, « Flattent peu des cœurs énervés.

« En irritant vos goûts , le luxe les émousse.

* Qui siccU oculis monstra natantia ,

Qui vidit mare turgidum f etc, . Horace.

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