TRISTESSE
N'irai-je plus courir dans l'enclos de ma mère? N'irai-je plus m'asseoir sur les tombes en rieurs? D'où vient que des beaux ans la mémoire est amère? D'où vient qu'on aime tant une joie éphémère? D'où vient que d'en parler ma voix se fond en pleurs?
C'est que, pour retourner à ces fraîches prémices, A ces fruits veloutés, qui pendent au berceau, Prête à se replonger aux limpides calices De la source fuyante et des vierges délices, L'âme hésite à troubler la fange du ruisseau.