‹ Œuvres choisies de Marceline Desbordes-ValmoreChapitre 98 sur 145 · AU LIVRE DE LEOPARDI · texte numérisé non relu

AU LIVRE DE LEOPARDI

Il est de longs soupirs qui traversent les âges Pour apprendre l'amour aux âmes les plus sages. O sages! de si loin que ces soupirs viendront, Leurs brûlantes douceurs un jour vous troubleront.

Et s'il vous faut garder parmi vos solitudes Le calme qui préside aux sévères études, Ne risquez pas vos yeux sur les tendres éclairs De l'orage éternel enfermé dans ces vers,

Dans ces chants, dans ces cris, dans ces plaintes voilées, Tocsins toujours vibrants de douleurs envolées, Oh! n'allez pas tenter, d'un courage hardi. Tout cet amour qui pleure avec Léopardi1!

i. On sait quelle inguérissable mélancolie, quelles plaintes constantes contre la destinée humaine, quels appels à la suprême libération, ont imprégné d'une sorte d'amertume systématique l'ineffable douceur de ses chants.

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