‹ Œuvres choisies de MarsollierChapitre 159 sur 219 · F£D£RI · texte numérisé non relu

F£D£RI

Sans doute : surtout si nous nous trouroDS obligés de quitter la Hmigrie , de traverser la Pologne , de chercher un asile sur les terres de Soliman, ce seraient nos seules preuves, nos seules garanties!... '

lehémân.

Aussi les conserverons-nous avec soin jusqù*^ rinstant où ils pourraient compromettre noire sûreté... mais n'oublions pas une de nos ressources sur laquelle je compte le plus.

AMELINÂ.

Expliquez-vous.

LEHEMAN.

Mon Amélina , je t'ai promis tout-à-llieure une occasion de signaler ton zèle.

AMELINA.

Pourriez- vous me la procurer?

LEHEMAN.

A Tinstait .mémç. Écoute ! tii vas parcourir les villages qui nous environnent. . .«" .

352 LÉHÉMAN,

FÉDERIC.

Amélina , si touchante, si belle ;

Eh! qui pourrait lui refuser son cœurT

léhéman'.

Tout en priant , en peignant la misène , Prends Tair naïf d'une simple bergère; Tiens , le bâton ! le panier... c'est cela ; La marche lourde,*. £h! oui, prends-la déjà.

AMÈLIKA.

Adieu.

lEHÉMArN.

Attends encor. Amélina, ma fille v Viens sur mon cœur»

FÉDÉHIG.

, Moi , c'est k ses genoux..

LÉHÉMAN.

Non , mes enfans , embrassons-nous , Nous ne faisons qu'une même famille.

Pour te donner encor plus d'assurance , Pour écarter de nos cœurs tout effroi , Prions celui qui va veiller sar toi ;.

Il fut toujours l'appui de l'innocence.

AMÉLINA

Toi , qui règnes sur Funivers f Toi , céleste et divine essence , De qui la terre , et les^ creux , et les nners Attendent le» lois en silénee.'

TOUS

Toi', qui règaes , etc.

LEHÉMAN.

Daigne , mon Dieu y la protéger !

Eloigne d'elle tout daogejr ;. ' C'est an père ) .

C'est un amant. \ ^"' ' '° .^^"i^''^'

AMÉlilNA.

Daigne f mon IKfa« kaptatéguri

Eloigne dVm , éloigne tout danger ; Exauce-moi , je Ven conjure.

LÉHEMA^ , FÉDÉRie.

Daigne^ mon Dieu, etc.

TOUS

Ces déserts , ces antres affreux , Sont encore un' temple à nos yeux , On tous les trois d^une âme pure , Nous offrons les timides vœux An sublime auteur de la nature !

LEHEMAN.

Pars donc^ et reçois nos adieux , O mon enfant !

FÉDÉaic.

O mon amie!

LÉHEMATï.

Pars ., et reviens vite en ces lieux ^ A tes amis rendre la vie. Adieu , adieu ,

Oui , reçois nos adieux ,

Nos tendres adieux.

AMÉLITÏA.

Je reçois vos adieux^ Vos tendres adieux ; Adieu, adieu.

SjCÈNE IL

LÉHÉMAN, FKDÉRIC.

(>ette séparation est douloureuse , je puis à présent le laisser paraître.

FÉDKRIC

Elle est affreuse. ^

35^; LÉHÉMAl!^,

LICHEMAN.

Et nécessaire , ce mot répond à tout. Fédéric y n^allez pas affaiblir mon courage ; consolez un père et ne Teffrayez pas... Elle reviendra bientôt , oui , oui , elle reviendra et nous apportera d'excellentes nouvelles. Nous voilà donc tranquilles siirson compte.

Léhéman , si du moins , au milieu de tant de peines... Tamour... rbymeui car j'adore tafdle!... mon bonheur serait d'être à elle , et si tu consentais...

LEHEMAN*

Lorsque nous serons vainqueurs et vengés , nous verrons alors si Lëhéman a mérité que sa fille , la fille d'un sujet de Fédéric , prince souverain...

FEDERIC

La fille du plus brave homme de mon armée , de celui qui m^a rendu le plus de services...

LEHÉMAN.

Et qui vous en rendra encore , ii faut l'espérer ; ces services , mon prince , c^est la dot de ma fille Y et je ne la trouve pas assez riche pour vous ;

mais nous oublions...

F^D^ïitc.

Quoi donc ?

li£h]Eman.

L^uniforme que vous avez laissé dans la hutte.

Il m'est bien cher... C^est celui de la légion de Tekeli ; celui que portent mes amiâ^, pies soldats,

tous ceux qui combattent et qui souffrent pour moi.

LEHÉMAN.

Nous le reprendrons bientôt et avec honneur ! Mais en ce moment nous devons... oui, je ne serai tranquille que lorsque nous Taurons soustrait à tous fes regards.

FKDERIC.

Et dans quel endroit crois-tu que Ton puisse. . .

Ï^EHÉMAN.

Dans quel endroit?... dans cette citerne abandonnée , inconnue , que le hasard nous a fait découvrir... Hâtons-nous, je crains toujours.

FEDERIC

Je cours le chercher , et je reviens à Tinstant.

Page 1