LES PRÉCÉDENS, CAROLINE
CAROLINE y accourant , et portant un bouquet.
Tiens , mon ami , je t'apporte tout le jardin. Je n'y ai pas laissé une fleur.
Diable ! Ça prouve que nous sommes bien riches ; mais Tannée qui vient...
CAROLINE
Ah! bonjour, mes bons amis. C'est vous dont Edmond m'a parle' si souvent , avec qui il a passé ses premières années ! Il vous est bien attaché et moi aussi ; car j'aime tous ceux qui le chérissent , et je veux partager l'amitié que vous avez pour lui , comme je partage celle qu'il a pour vous.
LUCAS et sa femme.
Madame ! ( Bas à Eamond. ) comme elle est bonne , obligeante !
EDMOND, bas.
Je vous l'ai dit , c'est un ange !
CAROLINE
Eh bien! as-tu arrangé quelque chose?'
EDMOND
Non , rien , je n'ai parlé que de toi.
CAROLINE
Incorrigible ! C'est fort mal , Monsieur... Mais, mon ami , ton oncle peut arriver...
MADAME LUCAS
Sans doute.
43o EDMOND ET CAROLÏNE,
Eh bien ! arrangeons - nous , convenons , décidons.
LUCAS
Quoi?
EDMOND
Ce que nous ferons. D'abord, vous savez qu'il y a plus de quinze ans que mon oncle , en partant pour les Graiides-lndes, m'aenvoyc à Paris, c'est à peu près comme s'il ne me connaissait pas; il "connaît encore moins ma femme, puisqu'il ne l'a jamais vue. Il faudrait donc trouver un moyen pour nous présenter h lui , sans qu'il puisse soupçonner qui nous sommes ; ensuite , essayer par nos ^ins , nos attentions, de lui plaire , et le forcer enfin de rendre justice à celle qu'il aurait chérie , s'il avait voulu seulement consentir à la voir. UlCAS.
C'est fort bien penser... Mais , comment y réussir? Il a déjà déclaré qu'il ne ferait connaissance avec aucun de ses voisins.
EDMOND
Ah ! il a déclare cela ? eh bien ! il faut trouver un autre expédient.
M AD \ MB,
Lequel ?
D'abord , il sortit n< cessité... Ce que je v.
c'est le plus gr.uui itiv:
OPÉRA-COMIQUE. 43i
Jusqu^ici je tous promets de ne rien dire de votre projet.
EDMOND
Premièrement ^ il faut nous établir ici.
MADAME LUCAS
Gomment cela ?
EDMOId).
Je passerai pour ton frère.
LUCAS
J'en avais un , mais c'est qu'il est mort , fet Monsieur le sait.
EDMOND
Nous passerons pour des serviteurs que tu auras pris pour ton maître.
LUCAS
Oui , mais Monsieur a encore déclaré qu'il voulait les choisir hii-même.
EDMOND j cherchant dans sa tète.
TSii bien ! nous ferons... nous ferons... nous. • . c'est ça ; nous prenons vos habits , vos manières , votre langage , et nous voilà , ma femme et moi « concierges du château. C'est arrangé , c'est charmant!
CAROLINE
Mais c'est charmant !
Charmant !
MADAME LUCAS
ous , qu'est-ce que je ferons ?
i3a EDMOND ET CAROUNK.
EDMOND
Ce que vous voudrez.
Monsieur ii'auruU i\uh Mcouvnv...
KDMOttïi.
Iiiipossiblo. ! je prends ton air gauclie et nîaÎH'
hVCKH,
Comment, niaîii! MontiieiirP
r.DMONIt.
C'est-à-dire simple et naturel ; je Wehe le jardin » uia femme trieotie, elle prend le rouet, nous saluons gauchement , moi , romme ceci, ( il Ur» U puà
«u anière , à la mmiiuie 4et (laytuat, )
C/iaUUHi!.,
Moi, comme ça.
LUCAS, l*,.»r|.
Ah ! mon dieu ! comme îU ont l'air gauche quand ils veulent nous imiter !
KDHUND.
Afon bon SHgnr.ur, vous u 'là donc P Je Jt'slrUtn$ ben votre arrivée. Laisse {'Ait'. , nous nous en lileruna-
Kh liien! je \i•|■y••u■^ \>iJÊ^
o.ji;iiie
de vous reruM-i , pu^^f
^lliv.'lhl
femme et moi. ^^|
Je vous renii-i < n- j ^^H
M.MMMK^^I
Huit , mais {lMbrnH^| ment ^^ ^|
OPÉRACOMIQUE- /fii
CAROUNE.
Nous trouverons bien chez vous tout ce quMl nous faudra pour...
MADAME LUCAS
J' n'avons que not' habit de fêtes.
CAROLINE
Votre habit de fêtes , c^est justement ce qu'il nous faut.
LUCAS , bas k sa femme.
Quelles têtes !( Haut. ) J'entends... C'est votre oncle, sans doute.
EDMOKD.
Allons vite nous habiller.
LUCAS j 1« rassurant.
Vous avez tout le temps ; les habitans ont imaginé d'aller au-devant de leur seigneur ; cela retardera la marche de monsieur Dubreuil ; et après tout... si vous, si nous le faisons attendre un peu, il vous grondera. Ça commencera déjà à vous mettre du métier. Venez avec moi. (Marche éloignée,
ritournelle du chœur* )