‹ Œuvres choisies de MarsollierChapitre 32 sur 219 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

( Od voit d^on c6té un piano ouvert ^ au fond un sopha , et au-dessus Ton aperçoit un portrait de famille.)

ALEXIS y seul , assis devant le forte-piano , et adievant de

raccx>rder.

Bon!... j'ai réussi... mademoiselle Caroline sera bien étonnée de trouver son piano d'aceord , quoique celui qui s^était chargé de T arranger ne soit pas venu... personne ne soupçonnera le pauvre Alexis, garçon jardinier, d^avoir pu lui rendre ce service... elle désire employer aujourd'hui ses talens à célébrer son bienfaiteur... et ce bienfaiteur . . . c*est mon père... mon père... quelle situation que la mienne... depuis dix ans, haï, chassé par lui... ou plutôt par une belle - mère méchante , et qui n'est plus... je me retrouve dans la maison patertelle sans être connu de personne... Sous le nom supposé d'Alexis, je jouis tous les jours du bonheur de voir , d'entendre celui à qui je dois la vie . . . U me parle avec bonté , parce qu*il ignore qui je suis... ah! qu'il l'ignore toujours, plutôt que de perdre . par mon iii^>rudence , le seul plaisir qui

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me reste , celui de vivre chez lui , et de lui consacrer mes soins. . .

RONDEAU

Ah! quel tourment, quelle souffrance, De voir son père à chaque instant, Et de cacher le sentiment Que nous inspire sa présence!

Mais enfin je le vois , Souvent j'entends sa voix ; ( Témoin sans cesse

Du bien qu'il fait, Je l'adore en secret, Et fier de ma tendresse , Tous les jours je me dis .

« Je suis, je. suis son fils!

» Oiiî,'son fils. . .>>

Mais quel tourment, etc.

1^'il me nommait son Alexis ^ S*il me disait : mon fils , je t'aime ; Àh ! quel moment, quel bien suprême!

Tous mes itialhenrs seraient finis; Yaiil espoir ! je gémis :

Et je redis :

Àh ! quel tourment , etc.

Aitehdons un instant favorable pout me faire connaître , et cultivons jusque-là lés talens qaW m'a donnes , et qui pourront un jour me fmte trouver grâce devant lui... je n'ai mis perMime dans ma confidence , pas même le bon Ambroiâé ; voyons ^ Ton n'a rien dérange; (ii Muiète lepdrtraît

ée famîUe, et Von aperçoit un pea un antre portrait qui esi^deiioas. )

Non , il y est... ee sont ses traits , ses traits che'rîs ; ils sont si bien gravés dans mon cœur , que je n'aurais eu besoin que de le consulter... mais un portrait en miniature qui m^a été laissé dans mon enfance , la facilité que j'ai eu de T observer plu- «ears fois dans le jardin, tout me dit que j^ai réussi à le rendre ressemblant... tleprenôns courage... qui sait ^ eë jour... si Caroline... si la natore y A Tamour méîhe ! malheureux Alexis ! tu te flattes en vain.;, reàte dans tbh obscurité... vois tous le^ jours ton père , telle que tu aimes , meurs d'amour , de douleur » mais meurs du moins aved ta propre estime et ton fatal secret.

scîÈ^snE n. .

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