L'EXEMPT
L'ëX£19PT » i Qara.
Yoici M. le commandant ( il é*ea ^a.)
OPÉRA-COMIQUE. i25
HE UHBOUBG.
Soyez la kien-arrÎTée , Madame ; j'ayais recommandé qu^on TÎnt m^avertir dès que tous seriez descendue de Toitore; mais les de'iails de celte maison , le nombre des prisonniers dont je suis chargé*,, pardon... Me roici à vos ordres.
CLAEA.
II me semble , Monsieur, que c'est moi qui suis aux TÔtres ; car j'attends —
UE UMBOURG.
C'est fini... je suis à présent tout à vous... qu'on monte les effets de Madame à la troisième chambre de la seconde tour, au-dessus de la poterne,, celle dont la fenêtre donne sur les fossés , n^ 1 07 : (A Clan.) elle est assez commode.
CLARA
Mais , Monsieur , ma femme de chambre . . .
BE UMBOURG.
On en aura grand soin ; Tordre porte qu'elle sera séparée de tous , et qu'on la renverra de suite il Berlin» Il paraît qu'on a quelques reproches à lu» faire, et que l'on craint que ses conseils... Madame est mariée ?
CLARA
Hélas! oui. Monsieur.
I» UMBOnBG.
Un mari jeune... aimable , sans doute P
CLABA.
Un monstre , Monsieur.
ia6 ADOLPHE ET CLARA,
DE UMBOURG.
Madame était donc malheureiiBe ?
Vous ne pouvez pas vous figurer à quel point..,
DE UMBOURG.
Il était infidèle peut -être P.. . C^est difHcile & croire en vous voyant... joueur... dérangé?. . .
CLARA
Tout, Monsieur, tout ce qu^on peut être!. • •
DE LIMBOURG
Honnête pourtant.
CLARA
Oh! oui! oh! pour ça... loyal» brave... il n*a jamais eu de torts qu^envers sa femme.
DE LIMBOURG
C'est toujours quelque chose , mais il n^en est pas moins impardonnable.
CLARA
N'est-ce pas , Monsieur ?
DE LIMBOURG
D^auiant plus que , d'après ce qufe t^ous tût dites , et ce qu'on m'a écrit , tout porté à cMté que c'est à sa requête , sur ses pressantes Boméi'tations que le ministre a délivré l'ordre fatal . . . '
CLARA
Quoi! c'est mon mari qui a... oui, oui, c^est lui, j'en suis sure... je le reeonpais bien là ; je le détestais déjà,., mais à présent.
DE IMIDOUJRCy.
n me semble que raus ne pouveA guère ùAre
OPÉRA-COMIQUE. lay
plus pour lui... Je tous plains bien sincèrement ; déjà je m'intéresse à tous... on m^avait trompé : oo TOUS aTait peinte à moi comme une femme légère , éTaporëe... et je toîs que vous êtes une victime de Finjustice . . .
CLAEA.
Oui, Monsieur, une victime... c'est le mot!
Ah ! quelle indignité ! il faut bien prendre son parti pourtant... Et dites-moi , à quoi passe-t-on le temps ici ? je crains d*y périr d^ennui . . .
DE UMBOURG.
Nous ferons tout ce qu'il nous sera possible pour vous distraire de vos chagrins ; d'abord » nous avons la promenade.
CLARA
On se promène ?
DE LIMBOrRG.
Deux fois par jour.
CLARA , montrant le jardin .
Dans le . . .
DE LIMBOURG
Dans la cour.
CLARA
Dans la cour ! . . .
DE LIMROITRG.
En long et en large... au choix du prisonnier.
CLARA
C'est bien agréable. Et quel autre pTàîsîr encore ? . . .
DE unotiRG.
On remonte dans sa chamlnre : là , on se iran^ qnilliae ; on peut Kre ou dormir.
ia8 ADOLPHE ET CLARA,
CLARA
Comment , on permet tout cela ! mais c'est un lieu de délices... et voilà la vie qu'on mène dans le château dont Monsieur est le commandant ?
DE UMBOUBG.
Tout le monde n'est pas encore aussi bien traité ; nous avons , pour ceux qui refusent d'obéir... mais... avec les dames. . ..
CLARA , avec humeur.
Monsieur , voulez-vous bien me faire conduire dans ma chambre ?
DE UMBOURG , tirant sa montre.
J'y consens... vous aveai pourtant la permission de causer encore un quart^d'heure avec moi , si cela peut vous être agréable.
CLARA , îroDÎquemeot.
Sûrement... ce serait... mais je craindrais de m'amuser trop dès le premier jour , et je veux ménager mes plaisirs . . .
DE LIMBOUBG.
A votre aise... il faut alors que je fasse appeler le porte-clefs, le geôlier, les sentinelles... (ilfaît
signe à un soldat qui approche. ) Lcs passagCS SOUt-ils bien
gardés? la garnison sous les armes, le pont-levis, les canons?. . .
CLARA
Est-ce pour moi qu'on fait tout cela ?... Eh , mon dieu! Monsieur, traitez «-sioi avec iBoîiï^de cérémonie... et, si c'est pour in' effrayer , )e vous
OPÉRA-COMIQUE. lag
assure... (Avec une politesse ironique.) que la figure d'un
de ces Messieurs suffit bien.
DE IJMBOtJBG y au soldat
Remerciez Madame. . et conduisez-la.
( On entend le cor. ) CLARA.
* Qu>st-ce ceci ?
DE UMBOURG.
C^est un prisonnier que j'attends... et qui arrivera d^ici à un quart-d^heure , ce signal me Fannonce.
CLARA
Un prisonnier !... j^aurais mieux aimé que ce fut une compagne.
DE LIMBOUliG.
Je le trouve bien à plaindre , si ce que Ton m*a écrit est vrai.
CLARA
Il est malheureux !... vous m'intéressez en sa faveur... peut-on savoir son nom?
DE LIMBOURG
Il vous le dira lui-même ; vous pourrez vous trouver quelquefois avec lui... aux heures du repas > par exemple ; vous mangerez à la table du commandant ; si le prisonnier mérite cette grâce , dès ce soir je Tinviterai. . .
CLARA
Dès ce soir!... mais... puis-je me montrer?. . . je suis si horriblement fatiguée du voyage!... ma figure doit être
i3o ADOLPHE ET CLARA,
DE UHBOURG.
Elle est tort bien , je vous assure... d'ailleurs , ( SounanL) VOUS n'avez pas ici la prétention... CLABA.
Oh! non... non, je vous le proteste... tous les hommes à présent... mais... ( Gaimcnt) on ne veut pas faire peur... et je pense bien qu'en quittant cette robe , et mettant un autre chapeau...
DE LIHBOURG , ausii galment.
Un autre chapeau...- soit.
CL\BA
J'en ai un délicieux!... A quelle heure soupet-on?
DE UUBOURG.
Dans deux heures.
CLABA.
(%! bon!... j'ai le temps de faire un peu dt*
toilette...
DE LIHBOUBG.
En deux heures... oui.
CLABA.
Mais, qui me servira?..-
DE UMBOURG , >[>[ie>ani.
Sentinelle !
CLARA
Comment, Monsieur!...
DE LIMBUUBG, s^rleui.
Avertissez là femme qu'on a relenue, pour servir Madame— ( A Clara. ) Vous en serez contente , et croyez que tout ce qui tient aux égards
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qu^on doit à vôtre sexe , vous sera accordé avec le plus grand plaisir.