CHANSON
D'un époux chéri, la tendresse Rendit long-temps mes }oars sereins ; Mais l'ingrat, par mille chagrins, Aujourd'hui m'afflige et me blesse :
Hommes cniels, s»bs loyauté.
Ah ! cjne voua non* causez d'alarmes 1...
Quand le meilleur, en vërité, (êû.) Ne Tant pas une denos larmes. (bis.)
II écoute , car il n'a pas tourné le feuillet ; continuons.
La douceuF et la patience ,
Un cœur sensijtle et généreux ,
Sont les dons que reçut des dieux
Un sexe faible, sans défense;
A vous. Messieurs, assm-ément,
La raison échut en partage...
Cest, sans donie, vn bien heau prësenl,
Si voua vouliez en iaire usage.
ADULPHE , Ucné, un* lever le» jeu» de dcuus son D»re,
Yous Terrez qu'il n'y a pas un mari.,.
CLABA.
Pas un!... Je n'excepte personne.
ADOIPHZ.
C'est honnête.
Et vrai.
Lisons.
CtABA.
AI)t)LPHB.
i.>Ah, mon dieu! est-re ... réparons ma faute.
i48 ADOLPHE ET CLARA,
On pardonne à Tamour, k Tâge , Et la malice et la gaité ; Mais il faut plus de gravité Dans les saints nœuds du mariage, ^
I^ cœur cdntrit et repentant , Je veux vous obéir , vous plaire...
(Elle s^approchc. Adolphe tourne un peu b tète de son côté.) Ordonnez donc , et dans l'instant
( Changeant de ton. ) Je fais, Monsieur, tout le contraire.
ADOLPHE y à part.
C'est trop fort... (Haut) Madame... non. (Aiuîmême. ) Ne lui donnons pas la satisfaction de voir combien elle m'a piqué.
CLARA. '
J'ai cru que vous m'aviez appelée. '
ADOLPHE
Non, Madame. ..je lis..t Mais je remarquais seulement que vous aviez cessé de chanter...
CLARA y souriant, et comme flattée.
Et cela vous faisait. ..
ADOLPHE
Oui, cela me faisait espérer... que )e poun*ais continuer plus tranquillement ma lecture. ( U toome
les feuillets sans lire , maïs arec afTectation. )
CLARA
C'est très galant.
C^est... c*est... Mais enfin. Madame, je TOudi*ais bien savoir comment vous vous y êtes prise pour obtenir Tordre qui m'a...
CLARA
Je voudrais bien , à mon tour , Monsieur, connaître le moyen dont vous vous êtes servi...
ADOLPHE
Un.- très simple; j'ai été trouver mon oncle...
CLARA
C'est à lui que je me suis adressée...
ADOLPHE
Nous sommes si loin, quil faut criejr...
CLARA
Eh bien !... approches&-vous.
ADOLPHE
Vous avez raison... Vous disiez donc...
CLARA
Ah!... vous avez repris vos cheveux?...
ADOLPHE
Oui ; trouvez-vous que cela m'aille ?...
Beaucoup mieux.
ADOLPHE
Ce chapeau vous sied aussi à ravir...
CLARA
Vraiment !... Vous avez donc été chez mon oncle ? Et vous lui avez dit?...
ADOLPHE
Un mal horrible de vous.«.
CLARA
Que vous ne pensiez pas?
ADOLPHE
Pardonnez-moi, je ne mens jamais... Et vous, que lui avez-vous dit sur mon compte ?
CLARA
Que vous étiez un homme détestable... qui faisiez le malheur de ma vie. "
lôu ADOLPHE ET GIARA,
Vous «xj^t^riez.
fXA&A.
.\ii coatraùe , je sois auMÏ franche que tous , cumme voua royez ; î'ai même été jusqu'à l'aasuirr ( i\-tai& furieuse ce jour-là) , que ft ressentais puiir vuu» une baine...
ABOLPHB.
Haine!— c'est fort!... Moi, je n'ai parlé que d'uutifctfaie.
£t cela n'a pat changé ?
ADOLPHE
Vullù ce qa'il y a de bon.
CLARA
\div-u > Monteur.
ADOlfHE.
^Utvu.. Madame— Avec tout cela, nous voilà v\- a\t wi>t""* à nous Toir tous les jours !.... ciasA'
ADOLPHE
tl vvla |>c«t durer...
CLABA.
Toute la TÎe.
ADOLPHE-
Aùtsi , quand nous irions nous quereller.
Cela neservirait qu'à rer
ADOI
Je le seas bien... T^ou litiquement.
OPERA-COMIt^UE. i5i
Oui , politiquement.
ADOtPBE.
Nous nous verrons...
CLARA
Rarement., aux momens des repas.
ADOLPHE
A la promenade.
CLARA
Encore!... mais rien de plus... Bon)our.., bonsoir...
ADOLPHE
Sans doute... Seulement, si' vous étiez indispo-
tée...
CLARA
Ah '. oui , s'il vous arrivait quelque chose de fâcheux...
ADOLPHE
Alors...
CLARA
Alors...
ADOLPHE
On se rapproche..,,
CLARA
On ne se quitte pas...
ADOLPHE
On se raconte ses maux.
CLARA
On les adoucit.. Mais... voilà tout , et on en ^^reste là...
^^H^tokon en reste là... C'est dommage pourtant.. ^■^ "^^ijst libre , et on ne peut pas forcer les
^M ^'Mo: malgré eux.
maigre eux.
5j ADOLnïK ET CIARA,
CLARA
Gc»t convenu. Ainsi , Monsieur...
ADOLPHE
Ainai, Madame.
DUO
*IMJU*HE,
JiR»ii d'amour;
■fanuis d'amour, «nOLPHK.
Je l'ai juréj