CHAR
Ici même... Oui , écoute ; dans ton voyage à Ormus, ne t^a-t'on pas parlé d^un certain Osmin...
SEID
Qui se montrait fort épris d'une jeune esclave...
OMAR
Précisément... de la belle Gulnare.
SEID
Cette femme , renommée dans tout TOrient ^ par ses talens , ses charmes...
OMAR
Surtout par sa tendresse et sa constance pour son amant.
SEID
On la citait comme im prodige.
OMAR
Eh bien!... Osmin est sur le point de s'en défaire.
Ck)mment? lui qui l'adorait!
OMAR
Aussi , n'y veut-il pas consentir.
SEID
Ce serait elle... Quelle ingratitude !
OPÉRA-COMIQUE. i3
OMAB.
C'est au contraire par reconnaissance.
SEID
Voilà une énigme...
OMAR
Que je vais t'expliquer... Le père d'Osmin était trésorier de la province ; le visir, son mortel ennemi , Ta accusé de mauvaise administration , à fait saisir ses biens » et sa perte est certaine s'il ne trouve , d'ici à très peu de jours , la somme à laquelle il Ta fait condamner.
SEID
Eh bien ! cette somme...
OMAE.
Osmin , après avoir vendu tout ce qu'il possédait , n'a pu encore la compléter ; il lui manque cinq cents sequins, alors,, sans rien dire à personne , il a imaginé de venir déguisé à Ispaham , pour se faire mettre en vente. Gulnare l'a bientôt suivi ; à 6on tour elle prétend que c'est à elle à se sacrifier pour le père de son amant ; qu'Osmin est nécessaire à ce vieillard ; que, sorti de prison , il aura besoin de ses secours ; qu'on peut retrouver une esclave , mais que rien ne dédommage d'un père ; qu'enfin c'est elle qui doit être conduite au bazar... Osmin résiste, se désole ; Gulnare redouble ses instaMces , et tous les deux m'ont prié de les conduire à toi pour être juge de leur différend.
i4 GULNARE,
$EID.
Par Mahomet! voilà un trait... Tu m'intëreves pour eux ; rhomme e»t , di^tu ?