SCÈNE viir
Kaled
Pas un de moins.
Le Vieillard.
Les voilà.
Emmenez.
Kaled*
DORNAL.
Arrêtez... O ma chère Amélie!
Kaled.
Ne vas-tu pas m*empêcher de vendre? Vraiment, je n'aurai pas assez de peine à me défaire de toi ! Vous autres François, les maris de ce pays-ci ne -vous achètent point. Vous êtes toujours à rôder autour des sérails, à risquer le tout pour le tout.
DORNAL.
Vieillard , vous ne paroissez pas tout à fait insensible ; laissez-vous toucher. Peut-être avez-vous une femme, des enfants?
Le Vieillard.
Moi, non.
Dornal.
Par tout ce que vous avez de plus cher, ne nous séparez pas ! Cest ma femme.
Le Vieillard.
Sa femme? Cela est fort différent; mais, vraiment, Kaled, si c'est sa femme, vous me surfaites.
Dornal.
Pour toute grâce, achetez-moi du moins avec fille.
Chamfort. II. 2 5
194 le marchand de smyrne
Le Vieillard.
Hélas! mon ami, je le voudrois bien; mais je n'ai besoin que d'une femme.
DORNAL.
Je vous servirai fidèlement.
Le Vieillard.
Tu me serviras ! Je suis esclave.
Kaled.
Est-ce que tu les écoutes?
André.
Mes pauvres maîtres!
Amélie.
O mon ami, quel sort !
DORNAL.
Ne Tachetez pas. Quelque homme riche nous achètera peut-être ensemble.
Le Vieillard.
C'est bien ce qui pourroit t'arriver de pis : il t'en feroit le gardien.
DoRNAL, à Kaled, Ne pouvez-vous différer de quelques jours?
Kaled.
Différer ! On voit bien que tu n'entends rien au commerce. Est-ce que je le puis? Je trouve mon profit, je le prends.
DoRNAL.
O Ciel! se peut-il?... Mais que dirai-je pour