HASSAN, ZAYDE, DORNAL, FATMÉ
UNE Esclave chrétienne vêtue en musulmane, avec
un voile sur la tête,
Zayde».
La voici. Voyez le spectacle le plus intéressant: la beauté dans la douleur.
Hassan s'approche et lève le voile.
Qu'eik est touchante et belle !
Dornal.
Amélie ! Ciel ! ( // vole dans ses bras.)
Amélie , avec joie.
Que vois-je! mon cher Dornal!
Dornal.
Ma chère Amélie, vous êtes libre! je le suis aussi. Vous êtes auprès de votre bienfaitrice, de mon libérateur. (// saute au cou de Hassan, et veut ensuite embrasser Zayde, qui recule avec modestie. )
Hassan, à Dornal.
Embrassez ! embrassez! il est honnête, ce transport-là. [A Zayde, qui reste confuse.) Ma chère amie, c'est la coutume de France.
2o8 LE MARCHAND DE SMYRNE
Amélie , à Zayde, Madame, je vous dois tout! Que ne puis-je vous donner ma vie !
Zayde.
C'est à moi de vous rendre grâces. Vous ne me devez que votre liberté, et je dois à votre époux la liberté du mien.
Amélie.
Quoi ! c'est lui !
Hassan.
Oh ! cela est incroyable ! A propos, vous n'êtes point mariés?
DORNAL.
Vraiment, non : nous ne le serons qu'à notre retour. Une de ses tantes nous accompagnoit : elle est morte dans la traversée.
Hassan.
Vite, vite, un cadi, un cadi!... Ah! mais, à propos, on ne peut pas. . . C'est cet habit qui me trompe.
DoRNAL.
Ma chère petite musulmane, quand serons-nous en terre chrétienne 1 Ah ! mon Dieu , nos pauvres compagnons d'infortune !
Hassan.
Si j'étois assez riche. . . Mais, après tout, rhomme de loi , et cet autre , cela ne doit pas coûter cher, n'est-ce pas?