‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 130 sur 218 · MESSIRE MACO, MAITRE ANDRÉ · texte numérisé non relu

MESSIRE MACO, MAITRE ANDRÉ

MACO. Avec qui conversez-vous, maître ?

ANDRÉ. Avec vos coïonnades.

MACO. Avec mes poésies ?

ANDRÉ. Oui, seigneur.

MACO. Que vous en semble ?

ANDRÉ. GiEGDS NON JDDICAT DE COLORIS.

MACO. Portez encore ce siramhoUo ; lisez-le tout haut.

ANDRÉ. « De grâce, ô petites étoiles d'amour, ô ange de jar- « din , tète de bois, et visage d'orient, je suis plus mal que

vous, la navire dans le port. Je dors, la nuit, à la tempête et « au vent. Tes beautés vinrent de France. Gomme Judas, qui « ae pendit, pour l'amour de toi je me fais courtisan. Je n'at- « tends jamais que vos désirs ''^ ».

MACO. Qu^en dite9-rous ?

ANDRÉ. Ah I quels vers sentencieux, pleins, coulauls, doux, doctes, suaves, fins, agréables, clairs, nets, charmants, polis, sonores, nouveaux, et divins!...

MACO. Ils vous stupéfient, hein ?

ANDRÉ. Ils me stupéfient, m'électrisent et me désespèrent ; mais il y a un barbarisme '^.

MACO. Lequel ? La navire dans le port?

ANDRÉ. Oui.

MACO. C'est une licence poétique. Et puis?

ANDRÉ. Le mérite des chevaux ne git pas dans la croupière.

MAco. Oui, maître. Maintenant, allez-vous-en ; car, moi, je m'en vais.

ANDRÉ. Il y a bien des jours que vous vous en êtes allé,

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