SCÈNE xvn
ZOPPINO, MESSÎRE MACO, MAITRE ANDRÉ.
ZOPPINO. Madame Camilla, ma maîtresse, baise les mains à votre seigneurie.
MACO. Elle s'est éprise de moi, est-il vrai"?
ZOPPINO. Ça ne pourrait se dire.
MACO. Dès qu'elle me fera un fils, je veux lui payer le berceau.
ANDRÉ, à Zoppino* Que t'en semble?
ZOPPINO. Maintenant que je le vols de près, je crois bien qu'elle dit vrai, en disant qu'elle meurt pour lui.
ISO LA COURTISANE.
MAGO. Combien de baisers a-t-elJe donnés à la petite lettré?
zoppiNO. Oh ! plus de mille.
MACO. Elle n'est pas dégoûtée, la friande *^ I Et le strambotto, qu'en a-l-elle fait?
ZOPPINO. Elle Ta mis à part.
MACO. A qui l'a-t-elle montré®*?
ZOPPINO. A son tailleur d'habits. Eh ! qu'il aille donc se reposer maintenant , l'archipoëte qui étrille l'âne Pégase, et lui porte le picotin ; il a bien gagné les bénéfices^ du fumier.
MACO« Je Tai improvisé.
ZOPPINO. Oh! quelle veine de fou!
MACO. C'est moi, moi-même.
ZOPPINO. Vous vous faites honneur au possible.
MACO. vous, l'envoyé de la dame**', savez-vous ce que je veux vous dire, moi ?
ZOPPINO. Non, monsieur.
MAco. Lorsque j'enverrai chercher des biscotes et des massep'uns, à Sienne, je veux vous en donner deux.
ANDRÉ , à Zoppino, Ne t'ai-je pas dit qu'il est libéral comme un pai)e et comme un empereur?... Maintenant, allons nous consulter sur la visite de messire à la dame.
MACO. Tôt, dépèclions-nous. Oh ! Grillo, Grillo ! Mets-toi à la fenêtre.