ACTE III, SCÈNE VIII. lôî
K06SO. II n'en est rien. Toutes les femmes d'abord font des inauderies; et puis, mcUant de côté toute pudeur, elles iraient sur la place de Saint-Pierre contenter leurs désirs. viEABOLAN. C!rois-tu qu'elle agisse ainsi par timidité? Bosso. C'est certain. Mais qu'en pensez-vous? PARAB0LA2S. Quc c'cst doucc clufse, aimer et èlrc aimé. Bdbo. Douce chose est la taverne, dit le Cappa. PARABOLÂN. Douce scra Livic.
Bosso; Ce sont des fantaisies. Pour moi, je fais plus de cas <l'*UOèocal de vin grec, que d'Angola la Grecque.
PiBABOLAN. Si tu goûtais l'ambroisie que distillent des lèvres amoureuses, les vins te paraîtraient, amers en compa- «i«on.
Rosso. Vous vous imaginez que je suis vierge? J'en ai €oûté pour ma part, et je ny trouve point la douceur que ^'ous y trouvez, vous.
^ ■'arabolan. Les nobles dames oui un autre goût.
'^osso. En vérité, parce qu'elles ne pissent point connue les «Ulres.
ï^AHABOLAX. C'cst folic de parler.
"^osso. C'est folie de répondre. Attendez, encore un mot. ^'avez-vous pas coutume de répéter (pie la douceur des lan- ÇUes qui savent bien dire, surpasse colle du raisin, celle des "Sues, et celle de la malvoisie?
, **AaABOLAN. Oui, jusqu'à un certain point.
**os80. Oh ! comme m'assomment ces [)etits sonnets de Pasquin 75 j
**ARABOLAN. Je ne savais point que tu fusses amateur de
* noésie.
Hosso. Pourquoi non? Sachez que, si j'eusse étudié, je de- ^^^(>is philosophe, ou bonnetier.
'^ARABOLAX. Ail ! ail ! ah ! *
Hosso. Moi, quand j'étais au service d'Antoine Lélio, Kp- ^*^in, je dérobais toujours quelques moments pour lire les ^^rs qu'il composait, à la louange des cardinaux, et j'en sais* ^^e foule par cœur. Oh ! ils sont divins, ces sonnets,'«t je suis
de ravis du Barbieraccio, qui dit que ce ne serait pas pécher que d*en lire, chaque matin, deux entre Tépitre et IHËvan^.
PARABOLAN. Oh! quc c'est bien dit!
Rosso. Que vous semble de celui qui dit : c JLe pape Léon n'a pas tant de parents ? »
PARABOLAN. Beau.
Rosso. Et de celui-ci : « Après que Constantin eut fait le présent, pour s'ôter Fa lèpre de dessus les épaules? »
PARABOLAN. Fort subtil.
ROSSO. « Saint Pierre est cuisinier, si l'un des trois 'frères e«t pape? »
PARABOLAN. Ahl ah! ah!
ROSSO. < Madame l'Église, belle et bonne, l'ArroelKno voos plait-il pour légitime époux? »
PARABOLAN. Oh! bon.
ROSSO. « cardinaux! si vous étiez nous, pour rien m monde, nous ne voudrions être vous ! » ^
PARABOLAN. Exccllent.
ROSso. Je veux chercher à me procurer ceux qui ont été faits pour maître Pasquin, cette année : il doit y avoir là mille choses curieuses.
PARABOLAN. Par ma foi, Rosso, tu es un galant homme.
Rosso. Qui l'ignore?
PARABOLAN. Maintenant, ne perdons point de temps, vite, à la maison ; je veux que tu ailles tout à l'heure, muni de me\ ordres, trouver la vieille.