SCÈNE VU
VALÈRE, sevL
VALKRR. J'ai vraiment bronché contre un hrin de|)aille, et je me suis, on peut le dire, rompu leçon. J'ai été maltraité, de faits et de paroles, par mon maître, et je ne saurais imaginer pourquoi. Certainement, quelcpie mauvaise langue, envieuse de ma fortune, lui aura murmuré aux oreilles... Est-il possible que les seigneurs soient si prompts à donner créanQe «tous les contes en l'air? que, sans chercher jamais la vérité, ils soient portés, avec tant de légèreté, à faire e& à dire ce qu'il leur plaît, sans égard, sans motif, et sans réflexion aucune? Quelle nature est celle des seigneurs ! quelle vie est celle dVn serviteur! et (|i!elles mœurs sont celles de la cour! Les seigaeurs agissent toujours avec impétuosité; les serviteurs voij;nMoU" jourjs leur sort dépendre de la langue d'autrui ; et la cqur n'a |K)intde plus grand plaisir que de désespérer tantôt oelui-<^i) tantôt celui-là, par les morsures de l'envie, qui naquit lorsque naissait la cour, et mourra lorsque la cour mourra. Quant à moi, je ne désire que d'aller vivre en repos. Ce qui m'afflige s^ulement, c'est de me retirer sous le coup de la disgrâce, de celui. qui m'a fait ce que je suis ; retraite qui me vaudra le titre d'ingrat... Et chacun dira : « Dès que le bon Yalère se fût enrichi comme il voulait, il tourna le dos à son bon maître. > Voilà pourquoi je suis tout troublé, etnotiàcause de l'injure qu'on \a-Si faite injustement, car tout serviteur est obligé de supporter la colère et l'indignation de son maître, comme l'indignation et la colère de son propre père ; mais je ne puis