SCÈNE n
RADIGGHIO, MADAME TESSA , NEPITELLA.
RADiccHio. Le prisonnier doit ressembler à une petite âme dans les limbes !
TESSA. Je nMmagine rien de bon !
NEprrRLLA. Ni moi non plus.
RADiccHio. Quels cris faites-vous donc?
TRS8A. Radicchio!
RADicGHio. Qui cherche-t-on ?
TESSA. Ton maître et mon seigneur.
RADICCHIO. Oui, hein ?
TESSA. Où est-il?
RADICCHIO. Votre mari, qui n^est ni sot ni négligent, vous le dira bientôt ; car il amènera devant vous votre mère, qu'il est allé trouver, et peut-être aussi ses frères, à elle, et les vôtres.
TESSA. Quoi ! qu'en sais-tu ?
RADICCHIO. Non-seulement je Tai vu qui allait la chercher, mais je Fai entendu raconter comment , avec Paide du diable, il a enfermé Polidoro au milieu de ses gros vilains livres.
NEPiTELLA. Ne me retenez pas !
TE68A. Où veux-tu aller?
NEPiTELLA. Je suis pcrdue I
TESSA. Demeure, te dis-je I
NEPiTELLA. Toutc la puuitioH dc la faute retombera sur moi, misérable que je suis !
RADICCHIO. Brisons la porte, délivrons-le !
TESSA. Laissons de côté la peur de Nepitella, et la furie de Radicchio! Certes! quiconque douterait que rbabileté des femmes sait faire des miracles à Pimprovisle, et apporte soudain remède aux choses Alcheuses qui leur arrivent, en trouve ici la preuve , en voyant que j^ai eu plus tôt remédié au mai, (|ue |)ensé à y remédier.
RADICCHIO. Tais-toi donc, petite Nepitella, ma petite poupine, mon petit morceau de roi ' !
i NEPITELLA. IloiflA /
M LR PHILOSOPHE.
TFSSA. Va-fen, toi!... Nepitella, écoute ceci à Poreille: Amène Tàne de Pécurie, car j'ai une fausse clef du cabinet d^étude... Tu le feras venir, cet âne, qu'il le veuille ou non ; et, après avoir fait sortir du cabinet Polidoro, nous enfermerons dedans le baudet à sa place.
NEPiTELLA. Ah ! ah ! ah!
RADiccHio. Oh! voilà une idée qui n'a pas sa pareille', vraiment !
TESSA. Reste ici, Radicchio, jusqu'à ce que je fasse voir au doeleur des asirologueries lequel en sait plus, de lui ou de moi !