‹ Œuvres choisies de P. ArétinChapitre 73 sur 218 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PLATARISTOTILE, seul.

Autre chose est d'expliquer comment on doit procéder afîn que la femme, d'un appétit insatiable, et d'une nature impérieuse, ne se décide point à faire ce qu'elle ne doit pas faire ; autre chose, de faire voir clairement comment l'infini peut être compris par le borné, et comment l'image de la beauté infinie peut être imprimée dans un esprit borné. L'esprit contemplatif est bien apte à considérer comment tout l'hémisphère est vu par l'œil , et est représenté sur la pupille , non point, vraiment, selon la grandeur et la nature célestes, mais selon la capacité de l'œil... Toutefois, l'esprit ne saurait pas pour cela découvrir comment dans le cœur, si petit, de la femme , il y a une avidité tellement immense , qu'il n'est chose de si terrible consé(|uence , (|ue les désirs féminins ne cnMcnl |N)Uvuir obtenir. L'œil de Taigle, (jui vo\l W ^oW\\^vi\. v\v\\V \v-

pète non comme il esl l'éellement , mais comme l*œil d^un tel oiseau est capuble d^en recevoir Pimage ; cet (b\\ , dis*je , est moins incompréhensible que ce problème : trouver un moyen possible (Je connaître la route qu'on doit tenir pour satisfaire la femme qu'on a... Ce moyen-là dépend , enfin , du mari sage, du mari prudent, du mari habile... Voilà que les femmes soot faites par la nature semblables aux |)lantes ; je dis ceci, vrai* ment, parce que les unes produisent des fruits, et celles-li procréent des créatures ; et , de même que , faute d'air, de soleil et de pluie , les plantes se sèchent ; de môme , si l'on prive les femmes des droits concernant Facte charnel de la copulation , les susdites femmes enragent de telle sorte, que le désir qui les brûle au sujet des rapports avec Thomme vient de leur tempérament naturel, et non d'un penchant au libertinage... Il est donc nécessaire de respecter les privilèges qui leur sont accordés par la sainteté du mariage , parce que la justice elle-même, aussitôt qu'on lui ôte ses droits, se change en tyrannie... VA, quand bien même la femme serait possédée de quelque terrible démon de luxure , la bonne conduite du mari la contient, de façon tfue les écarts de celle-ci sont moindres ou pires, selon qu'il est, lui, plus ou moins prudent". Certes, la raison de l'époux inspire à une épouse vicieuse cette crainte qu'inspire aux méchants la sévérité des lois; et (|u'on ne doute point que la prudence de tels maris ne devienne pour la perversité de pareilles femmes, ce qu'est l'enceinte des murs d'un parc pour les bêtes qui y sont renfermées. En somme , les devoirs que les maris doivent remplir H l'égard de leurs femmes, ressemblent à ces haies de buissons entourant les jardins de manière que nul n'en peut dérober les fruits, lesquels sont dérobés par tout le monde, quand il y a partout des passages... Et je conclus, par l'exemple et des loups, et des ours, et des lions, qui, craignant la verge des maîtres <pii les domptent, changent leur férocité native en une habitude de douceur factice.

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