SUR RONSARD XXIII
Au royaume Escossois de vagues emmuré :
Qui m'eusl, en m'embarquant sur la poupe, juré Que, changeant mon espée aux armes bien apprise, J'eusse pris le bonnet des pasteurs de l'Eglise, Je ne l'eusse pas creu : et me Teust dit Phœbùs, J'eusse dit son trépied et luy n'estre qu'abus : Car j'avois tout le cœur enflé d'aimer les armes ; Je voulois me braver au nombre des gendarmes ; Et de mon naturel je cherchois les débats. Moins désireux de paix qu'amoureux de combats. •
Mais ce passage prouve seulement que Ronsard portait ïe bonnet des pasteurs de V Église; et en effet, quand les ministres genevois Taccusèrent d'être prêtre, il leur répondit :
Or sus, mon frère en Christ, tu dis que je suis prestre ; J'atteste l'Eternel que je le voudrois estre, Et avoir tout le chef et le dos empesché Dessous la pesanteur d'une bonne evesché :
Lors j'auroy la couronne à bon droict sur la teste, Qu'un rasoir blanchiroit le soir d'une grand feste, Ouverte, large, longue, allant jusques au front, En forme d'un croissant qui tout se courbe en rond. ^
Et comme pour démontrer qu'il n'y a point de contradiction entre ce second passage et le premier, Ronsard plus loin ajoute :
Mais quand je suis aux lieux où il faut faire voir D'un cœur devotieux Toffice et le devoir, Lors je suis de TEglise une colonne ferme :
D'un surpelis onde les espaules je m'arme,
» Edit. P. Bh, t. VI, p. 233.
« Édit. P. jtfl., t. VII, p. 98.