II
Depuis vingt-sept ans déjà que j'ai publié un ckoia des poésies de Homard (1828) joint à un Tableau historique de son école, dans lequel j'essayais de remettre en lumière et en honneur un côté du moins de son entreprise, je me suis en général abstenu d'en parler. J'avais eu tellement l'air de l'épouser d'abord aux yeux de certaines personnes, que je sentais bien que je nuirais plus que je ne servirais à son retour de fortune en insistant. J'avais d'ailleurs donné mes meilleures raisons et mes preuves. J'ai donc laissé faire le temps, et j'ai aussi beaucoup laissé dire. Je ne prétends pas aujourd'hui que la cause soit gagnée : il y a très-peu de points qui soient gagnés définitivement en histoire littéraire; les conclusions les plus claires et les mieux motivées suscitent et ramènent de temps en temps des procès qui recommencent. Mais il est pourtant de certaines notions qui, une fois établies et remises en circulation, ne se perdent nlus et qui entrent, bon gré mal gré, dans les juge-
i3 octobre 1855.