‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 28 sur 147 · SUR RONSARD XXXIX · texte numérisé non relu

SUR RONSARD XXXIX

verbe ne manque pas de marcher derrière, suivi d'un adverbe qui ne souffre rien entre eux deux ; et le régime appelle aussitôt un accusatif, qui ne peut jamais se déplacer. C'est ce qui exclut toute suspension de l'esprit, toute attention, toute surprise, toute variété, et souvent toute magnifique cadence. »

Rempli de la poésie des anciens et particulièrement des Grecs, la^ goûtant dans ses hardiesses les plus harmonieuses et les plus naturelles, Fénelon savait tout le faible de la poésie moderne et de la nôtre en particulier ; il l'a indiqué encore en d'autres endroits de cette Lettre, et on n'a jamais dit à une Académie accoutumée à se célébrer elle-même, ainsi que sa propre langue, des vérités plus fortes d'une manière plus douce. Mais cela n'a été donné qu'au seul Fénelon.

M. Guizot, parlant de Ronsard dans un morceau sur VÉtat de la poésie en France avant Corneille, et lui tenant compte des services qu'il avait rendus ou avait voulu rendre, a di t à peu près dans le même sens, et sous forme d'aphorisme politique : « Les hommes qui font les révolutions sont toujours méprisés par ceux qui en profitent. »

Maintenant je viens exprès de relire, de parcourir encore une fois tout Ronsard en me demandant si je l'ai bien compris dans mon ancienne lecture, si je ne l'ai pas surfait, et aussi (car M. Gandar m'en avertit, et c'est un avertissement bien agréable et flatteur puisqu'il implique un succès) si je n'ai pas été trop timide, et si je ne suis pas resté en deçà du vrai dans ma réclamation en sa faveur. Je sais tout ce qu'avaient d'incomplet et jusqu'à un certain point de hâtif, cet extrait et ce jugement de 1828, et je le livre aux cor-

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