‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 49 sur 147 · SUR RONSARD LXXI · texte numérisé non relu

SUR RONSARD LXXI

Vous jouez comme aux dés votre couronne, Sire? J'y perds; vous y perdez encore plus que moi. Le blâme, la froideur, la pâleur et l'effroi Et la peur d'une mère ont perdu votre empire...

Mais je n'oserais trancher la question, et, comme M. Edouard Thierry dans son article du Moniteur \ j'en reste à me demander si de tels vers d'opposition sont bien de Ronsard, ou s'ils ne sont pas plutôt de quelque anonyme qu'on aura couvert ensuite d'un nom célèbre. Le volume de M. Blanchemain, orné de portraits, armoiries, fac-similé d'écriture, se termine par quelques lettres et pièces en prose, notamment deux discours moraux qui ont dû être composés par Ronsard pour la petite Académie du Louvre, présidée par Henri III. Un de ces discours a été récemment retrouvé, dans les manuscrits de la Bibliothèque de Copenhague, par M. Geffroy. Quand des vaisseaux ont péri dans une tempête, même sous des zones plus heureuses, on découvre quelquefois, après des années, des débris et des épaves du naufrage égarés dans les mers du Nord et conservés aux coniins de l'Océan.

Posi'Scriptum, — On pouvait espérer que la question de Ronsard^ moyennant tous ces examens contradictoires et ces concessions réciproques, était à peu près close et que l'affaire était vidée ; mais est-ce que rien se clôt et se vide jamais? est-ce que tout n'est pas à recommencer toujours? M. Michelet, dans le dernier volume publié de son Histoire de France^ où il traite de la renaissance des lettres, a réengagé de plus belle le procès contre Ronsard : « Dans une des tours du château de

» 16 octobre 1853.

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