‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 6 sur 147 · NOTICE · texte numérisé non relu

NOTICE

Riche d'or et de gens, de villes et de terre. Un de ses fils puisnez, ardant de voir la guerre, Un camp d'austres puisnez assembla hazardeux, Et quittant son pays, fait capitaine d'eux, Traversa la Hongrie et la basse AUemaigne, Traversa la Bourgongne et la basse Ghampaigne, Et hardy vint servir Philippes de Valois, Qui pour lors avoit guerre encontre les Anglois.

Il s'employa si bien au service de France, Que le Roy luy donna des biens à suffisance Sur les rives du Loir : puis du tout oubliant Frères, père et pays, François se mariant.

Engendra les ayeux dont est sorty le père Par qui premier je vy ceste belle lumière.

Mon* père de Henry gouverna la Maison,

Fils du grand roy François, lorsqu'il fut en prison

Servant de seur hostage à son père en Espagne :

Faut-il pas qu'un servant son seigneur accompagne

Fidèle à sa fortune, et qu'en adversité

Luy soit autant loyal qu'en la félicité ? *

Du costé maternel j'ay tiré mon lignage De ceux de la Trimouille et de ceux du Bouchage, Et de ceux de Rouaux, et de ceux de Ghaudriers Qui furent en leur temps si vertueux guerriers, Que leur noble vertu, que Mars rend éternelle, Reprint sur les Anglois les murs de la Rochelle, Où l'un de mes ayeux fut si preux qu'aujourd'huy Une rue à son los porte le nom de luy.

1 On lit dans Tédition des Lettres de Marguerite de Navarre, publiées par M. Génin (page 469), une lettre du père de Ronsard qui annonce l'arrivée à Pédraze des princes François et Henri, dont il est maître-d'hôtel. (Note de l'édition du Tableau de la poésie au XVI» siècle, de 1845.)

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