‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 71 sur 147 · STROPHE XIX · texte numérisé non relu

STROPHE XIX

Auprès du throne de leur père Tout à Tentour se vont asseoir.

Chantant avec Phebus leur frère Du grand Jupiter le pouvoir.

Les dieux ne faisoient rien sans elles.

Ou soit qu'ils voulussent aller A quelques nopces solennelles, Ou soit qu'ils voulussent baller.

Mais si tost qu'arriva le terme

Qui les hastoit de retourner Au monde, pour y séjourner D un pas éternellement ferme :

ANTISTROPHB

Aonc Jupiter se dévale

De son throne, et grave conduit

Gravement ses pas en la salle

Des Parques filles de la Nuit.

Leur roquet pendoit jusqu'aux hanches,

Et un Dodonien fueillard

Faisoit ombrage aux tresses blanches

De leur ehef tristement vieillard :

Elles ceintes sous les mammelles,

Filoient assises en un rond

Sus trois carreaux, ayant le front

Renfrongné de grosses prunelles.

ÉPODE

Leur pezon se herissoit

D'un fer estoillé de rouille :

Au flanc pendoit leur quenouille,

Qui d'airain se roidissoit.

Au milieu d'elles estoit

Un cofre où le Temps mettoit

Les fuzeaux de leurs journées,

De courts, de grands, d'allongez,

De gros et de bien dougez.

Comme il plais t aux Destinées.

Baller, danser en chantant. — Leur roquet^ habillement de toile, amictus. — Zeiir pezon, ce qui arrête au bout du fuseau la descente du iBl. — Bien douiez, tra-

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vailles finement. Si Ton passe sur ces quelques mots surannés, il faut convenir que ce portrait des Parques est grand, triste et sévère.

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