A SA MAITRESSE
La lune est couslumiere De nestre tous les mois :
Mais quand nostre lumière Est esteinte une fois, Sans nos yeux reveiller Faut long temps sommeiller.
Tandis que vivons ores, Un baiser donnez-moy, Donnez-m'en mille encores, Amour n'a point de loy :
A sa divinité Convient l'infinité.
En vous baisant, Maistresse, Vous m'avez entamé La langue chanteresse De vos Ire nom aimé.
» Éd. p. Bl., t. II, p. 127.
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Quoy? est-ce là le prix Du travail qu'elle a pris?
Elle par qui vous estes Déesse entre les dieux, Qui vos beautez parfaites Celebroit jusqu'aux cieux, Ne faisant Tair sinon Bruire de vostre nom?
De vostre belle face, Le beau logis d'Amour, Où Venus et la Grâce Ont choisi leur séjour, Et de vostre œil qui fait Le soleil moins parfait;
De votre sein d'yvoire Par deux ondes secous Elle chantoit la gloire, Ne chantant rien que vous :
Maintenant en saignant, De vous se va plaignant.
Las 1 de petite chose Je me plains sans raison, Non de la playe enclose Au cœiu' sans guarison, Que l'Archer ocieux M'y tira de vos yeux. *
La lune est coustumiere, ainsi Catulle :
« Ed. P. Bl., t. II, p. 141.
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Soles ocddere et reddire possunt ; Nobis quum semel occidit brevis lux, Nox est perpétua una dormienda.
Da mi basia mille, deinde centum, etc.
Amour n'a point de loy^ ainsi Jean Second :
Explesti numerum, fateor, jucunda Nesera, Expleri numéro sed nequit uUus amor.
Le même Jean Second a dit en son 8® Baiser
Quis te furor, Nesra Inepta, quis jubebat Sic inyolare nostram.
Sic vellicare lioguam Ferociente morsu?
Par 'deux ondes secous^ secoué, agité.