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ipieiqûé déguisement , si] est possil^le, et sans être aperçu de Mademoiselle. Si le verrou de la porte de derfière est tiré, vous counoilrez par là que je suis avec elle , quand vous ne l'auriez pas vue sortir. La porte ne laissera pas d'être fermée; mais j'aurai soin de mettre ma clef à terre, en dehors, afin que, s'il est besoin, vous puissiez ouvrir avec la vôtre.
Si vous entendez nos voix, pendant notre entretien, tenez -vous près de la porte, jusqu'à ce. que vous m'entendiez deux fois crier : Hem! Aeml^m prêtez bien Foreille à ce cri, parce qu'il n^ doit pas être trop fort , de peur qu'il ne soit reconnu pour un signal. Peut-être qu'en m forçant de persuader ma obère compagne, j'aurai l'occasion de frapper du coude ou du talon contre les ais, pour vous con-^ firmer l'avis. Alors vous ferez beaucoup de fracas^ comme si vous vouliez ouvrir ; vous agiterez fortement le verrou ; vous donnerez du genou contre la porte, pour faire croire que vous voulez Fenfon-» cer : ensuite donnant un autre coup, mais avec plus . de bruit que de force, dans la crainte de faire sauter la serrure, vous vous mettrez à crier, comme si vous voyiez paroître quelqu'un de la famille : A moi! vite à moi! les voici! les voici! vite! vite! et mêlez-y les noms d'épées, de pistolets, de fusils, du ton 1^ plus terrible que vous pourrez. Je l'engagerai sans doute alors, quand elle seroit encore incertaine , à fuir promptement avec moi. S'il m'est impossible d^
k HISTOIRE
la dëtermiBer, ma résolution est d'entrer dans le jardin avec die, et d'aller jusqu'au château, quelles qu'en puissent être les suites. Mais, dans la frayeur que vous lui causerez, je ne doute pas qu'ielle ne prenne le parti de fuir*
Lorsque vous nous croirez assez éloignés, et que^ pour vous le faire connoître, j'élèverai la voix en pressant sa fuite , alors ouvrez la porte avec votre <ief. Mais il faut l'ouvrir avec beaucoup de précaution, de peur que. nous ne fussions pas encore assez loin. Je ne voudrois pas qu'elle s'aperçût de la part que vous aurez à cette petite entreprise, par la considération extrême que j'ai pour vous. : Aussitôt que vous aurez ouvert la porte, ôtez-en votre clef, et remettez -la dans votre poche. Vous prendrez alors la mienne, que vous mettrez dans la serrure, du côté du jardin, afin qu'il paroisse que c'est elle-même qui aura ouvert, avec une clef qu'où «supposera que je lui ai procurée, et que nous ne nous sommes pas embarrassés de fermer la porte. On conclura qu'elle sera partie volontairement ; et dans -cette pensée, qui fera perdre toute espérance, ou ne se hâtera point de nous poursuivre. Autrement, tous savez qu'il pourroit arriver de fort grands malheurs.
' Mais faites bien attention que vous né devez ouvrir la porte avec votre clef, que dans la supposition que nous ne soyion» interrompons par l'arrivée
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de personne. Si queltp'on paroissoit , il ne faudroit pas ouvrir du tout. Qu'ils ouvrent eux-mêmes, si cette envie leur prend, soit en brisant la porte ^' soit avec ma def, qu'ils trouveront à terre s'Us *veuleDt prendre • la peine de passer par-dessus le •mur.
. S'ils ne viennent pas nous interrompre , et si vous sortez par le moyen dei votre clef, suivez*nous à une* }uste distance, en levant les mains, avec d'autres gestes de colère et d'impatience j tantôt avançant, tantôt retournant sur vos pas ,. de peur que voua n'approchiez trop de nous; mais comme si voua aperceviez qudqu'ua qui accourt après vous, criez : Jêù. secours! vite! N'épar^^ez pas les cris. Nous ne^ serons pas long-temps à nous rendre au carrosse. { .Dites à la famille que vous m'avez vu entrer avec elle dans une voiture à six chevaux, escorté d'une douzaine de eavaliers bien armés, quelques-uns^ le mousqueton à la main , autant que vous en avez pu ya^ev ; et que nous avons pris un chemin tout op-« posé à celui que vous nous Verrez prendre.
Vous voyez , honnête Joseph , avec quel soin je veux éviter les fâcheux accidents.
' Observez de .garder une distance qui ne lut permette pas de distinguer.votre visage. Faites de grandes enjambées, pour dégm^er votre marjche^ ei ienexla tète droite : je réponds^ hepnéte Jo^pfa^ qu'elle ne vous reoonnoitra pas^^ Q n'y a pas i»Qin%
de variëté dans la marche et la contenance de» hommes, que dans leurs physionomies. Arraches un grand pieu dans la palissade voisine; et feignestr qu'il résiste à vos efforts, quand il viendroit facile-*ment. Cette vue, si elle tourne la tête, lui paroîtrar terrible , et lui fera juger pourquoi vous ne nous^ suivez pas plus vite. Ensuite, retournant au château afvec cette arme sur Pépaule , faites valoir à la fa** mille ce que vous auriez fait, si vous aviez pu ]ioue( joindre, pour empêche^ que votre jeune Demoi-: itèlle ne fût enlevée par un.... Vous pouvez me donner tous les noms qui vous viendront à la bouche, et me maudire hardiment. Cet air de colère vous fera passer pour un homme courageux, qui se serdH exposé de bonne foi. Vous voyez , honnête Joseph y , que j'ai toujours votre réputation à cœur. On ne court jamais de risque à me servir. ^
* Mais si notre entretien duroit plus long«>tempB que je ne le désire, et si quelque personne de la maison cherdioit Mademoiselle avant que j'aye criq deux fois : Hem! hemi alors, pour tous mettre q couvert , ce qui est , je vous assure ^ un fort grand point pour moi , &ites le mâm^ bruit que je voQV lu déjà recomma^adé, mais n'ouvrez pas, comme je vou&fai recomoiandé au^i, avec vofrç dâf; ioa{ contraire, marquer beaucoup de regret d^étre saim clef, et de peur que quelqtiNin b^bû ait tme , ayea vue petite provision d^ gravier, de la grosseur d'uç^
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pois, dont vous jetterez adroitement dett^L^u trois grains dans la serrure; ce qui. empêchera que leur clef ne puisse tourner. Prudent comme vous êtes , mon cber Joseph, vous savez que, dans les occasions importantes , il faut avoir pourvu à toutes sortes d'accidents. Alors , si vous ^ipercevez de loin quel-» qu'un de mes ennemis, au-lîeu du cri que je vous ai marqué lorsque vous ferez du bruit à la porte, criez ; Monsieur ou Madame ( suivant la personne que vous verrez venir), bâtez*vous! hâtez-vous! M. Lovelacel M. Lovelace! Et criez de toutes vos forces^ Fiez-vous à moi, je serai plus, prompt que ceux que vous appellerez. Si c'étott Betty, et Betty seule, je n'aurois pas si bonne opinion, monsieur Joseph, de' votre galanterie * que de votre fidélité, si vous ne trouviez pas quelque moyen de l'amuser et de lui faire prendre le change.
Vous lui direz que votre jeune Demoiselle vous a semblé courir aussi légèrement que moi. Ce sera leur confirma que les poursuites seroient inutiles, et ruiner enfin les espérances de Solmes. Bientôt vous verrez plus d'ardeur à la famille pour se réconcilier avec elle, que pour la poursuivre. Ainsi vous deviendrez l'beureus instrument de la satisfaction commune, et quelque jour ce grand service «era récompensé par les deux familles^ Alors vous serezi
* On a va ci-dessus que Joseph Léman etoit amoureux de Betty.
le favori de tout le monde, et les bons domenîques se croiront honorés, à l'avenir, d'être comparés k Fhonnéle Joseph Léman.
Si Mademoiselle vous reconnoissoit, ou venoit dan9 la suite à vous découvrir, j'ai déjà pensé à faire une lettre, que vous prendrez la peine de copier, et qui , présentée dans l'occasion , vous rétablira parfaitement dans son estime.
Je vous demande, pour la dernière fois, autant de soin et d'attention que de zèle. Songez que ce service mettra le comble à tous les autres j et comptez , pour la récompense , sur l'honneur de votre ami très-affecUonné *
L0V3EIiACB,
P. S. Ne craignez pas d'aller trop loin avec Betty. Si vous vous engagez jamais avec elle, Pal-^ Kance ne sera pas trop mal assortie, quoiqu'elle soît^ comme vous dites, un vrai dragon.' J'ai une re-^ cette admirable pour guérir l'insolence des femmes. Ne crains rien, mon pauvre Joseph; tu seras le maître dans ta maison. Si son humeur devient trop incommode , je t'apprendrai le moyen de la^ faire crever de chagrin dans l'espace d'un an ; et cela dans toutes les règles de l'honnêteté ; san^ quoi le secret' ne seroit pas digne de moi.
Le porteur vous remettra quelques arrhes de m^ ^lîb^r^té fnture.
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