‹ Œuvres choisies de Prévost avec figuresChapitre 12 sur 76 · AVEHTïTR'ES · texte numérisé non relu

AVEHTïTR'ES

des pays, étrangers, il espéroit que sans savoir prd^ Gisement ce qui pouvoit Jui plaire, il seroit assesi heureux pour, lui rapporter quelque article auquel ette prendroit intérèl^ Ainsi ce fut Vetei» de son zèle et de son amitié iqax lui fit 1 donner, ià cette mal^ heureuse amante, dès lumières qu'elle ne devoit recevoir que de la bouche d'un ennemi. Ayant 4u avec toute la ville ce qui regardoit la 'mort (tmeste du prince Justinianiy il èe faata de Ipi porter celte affreuse nouvdle. Le seul trouMe qu'elle marqua au nom du prince deroit l'avertir du mal quHl aUbit causer. Mais on ouldie les précautions quand on est sans défiance» Il s'imaginoit si peu qu'il y eût quelque rapport entre dona Maria eit le prince Justi-^ aîani, qu'après lui avoir porté le coup de la mort por iui.e horrible rehtion , il ne pomroit oMoprendre pourquoi elle tômbôit;» ses pieds sah&connoîssaaoe et sans sentiment/. , * > ; .

En effet, la malheureuse Maria ne put aatendre ce cruel réoîl-sans un^iussemeiît mortel, qm lui ota }ûsqu'à la fon^ d'eigrimer sa dodfeur par Àes cris; Elle demeura Johg-temps dans un 4tat qui fit' doutei^ desavie.'Mylordi'jéliinoéelaircp avec la nourrice^ lot sijdé^espéf é df soâ'iiiq>nidience,' qu'il pensa éea punir «dr^^hamp^ par ses propr<e& main». Mai^^e croyant nécessairetà sa triste amie^^Ulrésolut d'em*^ ployer sa vie, sHl en étoit bi|soiii,:p«>ui' la Servir en Ao^eterre et en Italie, Le seulodiénftipi^eHe marqu^^

ET AKBCHOTJSS. .Ij5

enreveoimt à.elle-ibéin6,;fat.d9 retourner promp-^ iement à Rome. £Ue se flattoit encore de quelque espénànce. ISue ^elte angloise n'est pas, toujours fidèle. Quelle apparence qu'un prince eût été tué ^ misérablement que les nouvelles le rapportoient? S'il éioit vrai qu'elle l'eût perdu, elle ne vouloit pas vivre, mais elle étoit résolue de le venger, et de mourir ensuite sur son tombeau.

Mylord, qui, dans le transport où il étoîtlui-s même, ne pouvoit manquer d'applaudir aux premières fureurs d'une amante , s'offrit àlui servir de guide jusqu'À Rome, et à lui prêter son bras contre toutes sortes d'ennemis; à-peine se donnèrent-ils le temps de penser aux nécessités du voyage. Ils partirent, suivis d'un seul laquais et de la nourrice. Rome avoit tout k craindre d'une entreprise de cette imporUMâce, s'i^ eussent pu seulement arriver* au pied de ^es murailles. Mais le bruit de leur départ s'étant répandu, on courut après. eux avec tant de diligence ,^ qu!ils furent arrêtés au port de Ry e , et ramenés malgré eux à Londres.

Les suites de cette éva^n furent moins funestes qu'on ne l'attendoit du désespoir de l'amante. Mylady....,loin de parottre irritée delà foitede 60Ù fils qu'elle avoit &it arrêter, loua sa générosité, lorsqu'elle en sut la cause. Mais ne croyant pas le voyage d'Italie plus nécessaire pour dona Maria que pour lui ^ eU^s^efforça de bur faire perdre cette

idée par sed caresses, en ks (dsK^nt tous lienx d'être .ccmtintidlemeDt sous ses jeax. Tous les re* mèdes de la douleur furent employés en faveur de la triste Maria, inutilement pendant quelques ser maines; mais le temp^ leur fit obtenir, du-moins à l'extérieur, leur succès ordiaaire. Elle resta à Londres sous la même protection; et quoiqu'il parût à la langueur de se^ yeux qu'elle porterait long- temps dans le oœur beaucoup d'amour et de tristesse, on ne désespéra pas, lorsqu'on vit la passion de Tofficier des gardes reprendre naissance ayec sa première vivacité, qu'eik ne pût accepter une fortune qui adieveroii de fermer toutes les plaies de son cooun

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