TRAIT HORRIBLE DE DÉSESPOIR
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Uns jeune Angloîse , à laquelle il n'y avoit jamais eu d'autre vice à reprocher qu'un amour trop tendre, termina eHe^mémè sii vie d'ukie mamÂre si tragique , que les hommes les plus endurcis par l'habitude de ces spectacles , en marquèrent de l'ëmotîbn. Elle étoit d'une naissance commune; mais quoiqu'elle eût encore moins de biens que de naislance, on assure que sa beauté et sa vertu la dévoient faire préférer k toutes celles qui n'ont que de la naissance et du bien. Une malheureuse passion qu'eUe avoit conçue pour le fils cPun joaiffîer dont èUe se croyoit aimée , et qui cessa tout-d'un-^coup de la voir pour épouser une fUle plus riche, déran* gea tellement sa raison , qu'elle'pi4t le parti de se donner la mort. Une bouteille d^eau-forte qui se trouva chez elle, servit à l'exécution dece dessein.
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Elle en avala une partie^ et quoique l'effet en ait été fort prompt , elle eut assez de temps et de force pour écrire un^ lettre à son amant , dans laquelle elle lui déclaroit , avec une douqeur admirable^ « que c'est pour Famour de lui qu'elle meurt ; qvi'îl » a pu trouver ailleurs pi us de richesse et de beauté y y> mais nulle part plus de tendresse et de vertu j et 30 que n'étant point assez heureuse pour vivre ayee y> lui , la vie lui est devenue si insupportable y y) qu'elle aime mieux l'aller attendre dans le ciel , y> oùelleespèrequ'îlviendra un jour la rejoindre ». Elle finit en lui donnant les noms les plus tendres. II n'y a rien qui puisse donner une idée dtôs tourments qu'elle souffrit, lorsque Feau-ibrte commença à faire sentir son action. Cette cruelle agonie dura seiîe heures. Tous les secours de la médecine né servirent qu'à redoubler ses douleurs. Hle éloît aussi noire, en expirant /que si elle eût été bràléé par le feu du ciel.
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