‹ Œuvres choisiesChapitre 18 sur 68 · DORANTE, ARAMINTE, DUBOIS · texte numérisé non relu

DORANTE, ARAMINTE, DUBOIS

DUBOIS

Madame la marquise se porte mieux, madame. (// femt de voir Dorante avec surprise.) Et vous est fort obligée... fort obligée de votie attention.

{Dorante feint de détourner la tête, pour se cacher de Dubois.)

Voilà qui est bien.

30 LES FAUSSES COMVIDENCBf

DUBOIS, regardant toujours Dorante,

Madame, on m'a chargé aussi de vous dire un ixH)t qui presse.

ARAMINTE

De quoi s^g^it-il?

DUBOIS

11 m'est recommandé de ne tous pari.er qu'en particulier.

MnAMMNTK, à DoTonte,

Je n'ai point achevé ce que je voulais vous dire; laissez-moi Je vous prie, un moment, et xevenéz.

8GÉNI HT ABAinNTS, DUBOBB.

ARAMINTE

Qu'est-ce que c'est donc que cet air étonné que tu as marqué , ce me semble, en voyant Dorante? D'où vient cette attention à le regarder?

DUBOIS

Ce n'est rien, sinon que Je ne saurais plus avoir l'honneur de servir madame, et qu'il faut que je lui demande mon congé.

ARAMINTB, surprise.

Quoi ! seulement pour avoir vu Dorante iciî

DUBOIS

Savez-vous à qui vous avez affaixaf

ACTK r, SCtNB XIV M

ARAMÏNTE.

AU neveu de M. Rémi, mon procureur.

DUBOIS

Eh » par quel tour d'adresse est-il connu de madame? comment a-t-U fait pour arriver jusqu'ici?

ARAMINTE

C'est M. Rémi qui me Ta envoyé pour in-i tendant.

DUBOIS

Lui votre intendant! et c'est M. Reml qui vm^a renvoie! Hélas! le bon homme, il ne lait pas qSi à vous donne; c'est un démon que ce garçon-là-

ARAMINTE

Mais aue signifient tes exclamations t Explft-toi; est?ce que tu le connais?

DUBOIS

Si Je le connais,inadame!siie le connais! Ah I vraiment oui; et il me connaît Di^ ÏQsài N'avez-vous pas vu comme û se détonnait, do peur que je ne le visse?

ARAMINTE

n est vrai, et tu me surprends à mon tour.

Serait-U capable de quelque mauvaise action; que tu saches? Est-ce que ce n'est pas un honnôte homme?

DUBOIS

T ui ! il n'v a pas dia plus brave homme dans ♦Y^nîS la terre ; il a peut^tre plus d'honneur Wtout seiJ que ânquante /nonnêtea gens Vsenible. Oh!c^estune probité merveilleuse; g n'a peut-être pas son pareu.

32 LES FAUSSM CONFIDENCES

ARAMINTE

Eh! de quoi peut-il donc être question?

D*où vient que tu m'alarmes? En vérité, j'en Buis tout émue.

DUBOIS

Son défaut, c'est là. (// se touche le front.) C'est èi la tôte que son mal le tient.

ARAMINTE

A la tôte?

DUBOIS

Oui, il est timbré, mais timbré comme cent.

Dorante ! il m'a paru de très-bon sens.

Quelle preuve as- tu de sa folie?

DUBOIS

Quelle preuve! il y a six mois qu'il est tombé fou; il y a six mois qii'il extravaguo d'amour, qu'il en a la cervelle brûlée, qu'il •n est comme un perdu : je dois bien le saroir, car j'étais à lui, le le servais, et c'est ce qui m'a obligé de le quitter, et c'est ce qui me force de m'en aller encore. Otez cela, c'est un homme incomparable.

ARAMINTE, un peu boudant.

Oh! bien^ il sera ce qu'il voudra, mais je ne le garderai pas. On a bien affaire d'un esprit renversé, et peut-être encore, je gag[e, pour quelque objet qui n'en vaut pas la peinel car les hommes ont des fantaisies...

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