‹ Œuvres choisiesChapitre 20 sur 68 · ACTE I, SCÈNE XIY · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XIY

DUBOIS

Je me fis même ami d'un de vos gens qui n'y est plus; un garçon fort exact, et qui m instruisait, et èi qui je payais bouteille, d C'est à la oomédie qu'oa va, » me disait-il; et je courais faire onon rapport sur lequel»

dèi^ quatre heures, mon homme était a la porte. « C'est duez mademcuseUe celle-ci, c'est chez madame celle-là; «et, sur cet avis^ nous . , allions toute la soirée habiter la rue, i^ g youa, ^ h déplai se, pour voir madame entrer et sortir, * lui dans un fiacre, et moi derrière; tous deux morfondus et gelés, car c'était dans l'hiveri lui, ne s'en souciant guère; moi^ jurant parna par-là, pour me soulager.

ARâBONTE»

Est-il poseiUie?

DUBOIS

Oui, msKlaime. A la fin, ce train de vie m^m^ nuya; ma sainte s'altérait, la sienne aussi, le lui fis accroire que vous étiez à la campargne, il le crut, et j'eus quelque repos : mais n'alla-t-il pas, deux jours après, yous rencontrer aux Tufleries, at il avait ôté s'atlrister de votre absennef Au retour, il était furieux, il voulut me bat(ro, tout bon ffjn'ii est; Je ni le voulus point, et le le quittai. Mon bonheur ensuite nra^mis chez madame, où, iLforce de se démeîîe^, je le trouve parvenu à voire intendance; ce qu'il ne troquerait pas contre la place d'un empereur. '«^^•^t-

Tart-fl nioiils si paitienlier? Je suis si lasse d'avoir des «peiiB qiû me trompent, que je me réjouissais de favoir, parce ou il a ua la proNté 3 ea nOest pas ^ue je sois fichée, cor je suis bien au*dessus de cela.

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DUBOIS

n y aura de la bonté k le renvoyer. Plus i Toit madame, plus il s'achève.

ARAMINTB.

Vraiment, ]e le renverrais bien; mais ce n*est pas lèi ce qui le guérira. D'ailleurs, Je ne sais que dire à M. Rémi, qui me l'a recommandé, et ceci m'embarrasse. Je ne vois pas trop conmient m'en défaire bonnêtement.

DUBOIS

Oui ; mais vous en ferez un incurable, madame.

ARAMINTB, Vivement,

Oh ! tant pis pour lui. Je suis dans des circonstances où je ne saurais me passe r d'un intendant; et puis il n'y a pas tant né risque que tu le croîs; au contraire, s'il y avait quelque chose qui pût ramener cet homme, c'est rhabitude de me voir pi us qu'il n'a fait: ce serait même un service à lui rendre.

DUBOIS

Oui, c'est un remède bien innocent. Premièrement, il ne vous dira mot; jamais vous n'entendrez parler de son amour.

ARAMINTH.

En es-ta bien sûr?

DUBOIS

0ht il ne faut pas en avoir peur; il mour* rait plutôt... Il a un respect, une adoration, ime numilité pour vous> qui ii'est pas conco*' Table. Est-ce que vous croyez qu il songe k être aimé? Nullement. Il dit que dans Tuni- Ters il n'y a personne qui le mérite; il ne veut

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que vous voir, vous considérer, regarder vos yeux, vos ^ces, votre belle taille; et puis c'est tout : il me ra dit mille fois.

ARAMiNTE, haussant les épaules.

qui est bien digne de compassion!

je patienterai quelques jours en atten

que j'en aie un auire. Au surplus, ne

crains rien, je suis eonteate de toi, je récompenserai ton zèle, et je ne veut pas que tu me quittes % entends-tu, Dubois?

DUBOIS

Madame, je vous suis dévoué pour la vie.

ARAMINTE

J'aurai soin de toi. Surtout qu'il ne sache pas que Je suis instruite; garde un profond secrei;, et jue tout le monde, jusqu à Marthon, Ignore ce que tu m'as dit : ce sont de ces choses qui ne doivent jamais percer.

DUBOIS

Je n'en ai jamais parlé qu'à, madame.

/LRAMINTB.

iie voici qui revient; va-t'en.

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