‹ Œuvres choisiesChapitre 36 sur 68 · ACTE n, SCÈNE XII W · texte numérisé non relu

ACTE n, SCÈNE XII W

tableau, avec un sot qui fait un Tacarme épouvantable, et qui vient ici tenir des discours tout propres k donner des idées que je serais au désespoir qu'on eûtt

DUBOÏS,

Ha foi, madame, fai cru la éhosesans conséquence, et je n ai agi, d'ailleurs, que par un mouvement de respect et de zèle.

ARÀMinTE, cTun air vif.

Eh ! laisse là ton zèle : ce n*est pas là celui que je veux, ni celui qu'il me faut ; c'est ton silence dont j'ai besoin pour me tirer de l'embarras où je suis, et où ta m'as jetée toimôme; car, sans toi, je ne saurais pas que cet homme-là m'aime, etje n'aurais que faire d -7 regarder de si près.

J'ai bien senti que j'avais tort

ARAMIKTB.

Passons encore pour la dispute; mate pourquoi s'écrier : « Si je disais unmott » Y a-t-il Tien de plus mal à toi ?

DUBOIS

C'est encore une suite ée ce lèle mal en** "^ndu.

ARAUINTS.

Eh bien, tais-tôi donc, tais-toi; je voudrais p(Mivoir te Jaiie oublier. eeqne ta m'as dit.

lycsofs.

Ohl je sois Iden corrigé.

ARAMINTB.

C'«st ton étourderie qui me force actuellement de te parler, sous prétexte de t'interro

Vi LES FAUSSES CONFII>ENCES

r' sur ce que tu sais de lui. Ma mère et le comte s'attendent que tu vas m'en apprendre des choses étonnantes : quel rapport leur f^rai-je à présent?

DUBOIS

Ah! il n*y a rien déplus facile à raccommoder. Ce rapport sera que des gens qui le con;naissent m ont dit gue c'était un homme incapable de l'emploi qu'il a chez vous, quoiqu il soit fort htfmièr au moins; ce n'est pas cela qui lui manque.

A fr ^OT^nft heiir e - mais il. y aura im incon- Ténient. S'il en est incapable, on me dira de le renvoyer, et il n'est pas encore temps. J'y ai pensé depuis : la prudence ne le veut pas, < et je suis obligée de prendre des ^^^^^ et a'al-'^f 1er touf doucement avec cette passion si excessive que tu dis qu'il a, et oui éclaterait peut-être dans sa douleur. Me nerais-Je à un^* désespéré? Ce n'est plus le besom que j'ai de lui qui me retient, aest moi que je ménage {eUe radoucit le ton\ à moins que ce qu'a uit Marthon ne soit vrai, auquel cas je n'aurais plus rien à craindre. Elle prétend qu'il l'avait déjà vue chez M. Rémi, et que le procureur a dit môme devant lui qu'il l'aimait depuis longtemps, et qu'il fallait qu'ils se mariassent : je le voudrais.

DUBOIS

• Bagatelle I Dorante n'a vu Marthon ni de près ni de loin ; c'est le procureur oui a débité cette fable-là à Marthon, dans le dessein de les marier ensemble. « Et moi, je n'ai pas osé l'en dédire, m'a dit Dorante, parce 4^0 j'aurais indisposé contre moi cette tille, qui a au crédit auprès de sa maltresse, et quia cm

ACTB 11^ SCftNS XU Û^

ensaite que c'était pour elle que Je refasais les quinze mille livres de rente qu'on m*Qf« Irait.

ARAMiNTB, négligetnmenU

a t'a donc tout conté?

DUBOIS

Oui, il n'y a qu'un moment dans le jardin, où il a Toulu presque se jeter et mes genoux pour me conjurer de lui garder le secret sur sa passion, et d'oublier l'emportement qu'il eut avec moi quand je le quittai. Je lui ai dit que je me tairais, mais que je ne prétendais pas rester dans la maison avec lui, et qu'il fallait qu'il sortît; ce qui l'a jeté dans des gémissements, dans des pleurs, dans le plus triste état du monde.

ARAMIKTB.

Eh ! tant pis : ne le tourmente point. Tu "vois bien que j'ai raison de dire qu'il faut aller doucement avec cet esprit-là; tu le vois bien. J'augurais beaucoup de ce mariage avecMarthon; je croyais qu'il m'oublierait, et point du tout, il n'est question de rien.

DUBOIS, comme n'en allant.

Pure fable!... Madame a-t-elle encore quel»

que chose à me dire ?

ARAJCNTE.

Attends : comment faire T Si, lorsqu'il me ^^arlCj il me mettait en droit de me plaindre de lui ! mais il ne lui échappe rien ; je ne sais rien de son amour que ce que tu m en dis, et

1*e ne suis pas assez fondée pour le renvoyer. ; 1 est vrai qu'il me fâcherait, s'il parlait ; mai» il serait à propos qu'il me f achat.

70 LES PAUSSBS CONFIDENCES

DUBOIS

Traîment, oui; M. Dorant© n'est point digne de madame. S'il était dans une plus grande fortune, comme 11 n'y a riea à dire k ce qu'il est né, ce serait une autre affaire ; mais il n'est riche qu'en mérite, et ce n'est pas asses.

ARAMiNTE, ffiM iou comme triste.

Vraiment, non ; voilà les usages : je ne sais pMB comment je le traiterai; je n'en sais rien, je Terrai.

DTTBOIS*

£h bien, madame a un si beau prétexte.^ Bt ce portrait que Marthon a cru être le sien, k ce qu'elle m'a dit.

ARAMinTS.

Eh ! non, je ne saurais l'en accuser; c'est le comte qui l'a fait faire.

BDBODB.

Point 4u,tQut : c'est de Dorante, je le sais de ml-môme ; et il y travaillait encore il n'y a que deux mois, lorsque je le quittai.

ARASONTB.

Va-t'en ; il y a longtemps que je te parle.

Si on me demande ce que tu m'as appris de lui, je dirai ce dont nous sommes convenus.

Le voici ; j'ai envie de lui tendre un ipéége. /o-^v^w

DDSOIS.

Oui, madame : il se déclarera peut-ôiare^ et tout de suite je lui dirai .: « Sortez. »

ARAIOKTB.

Laisse-nous.

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