‹ Œuvres choisiesChapitre 66 sur 68 · LA COMTESSE, LISETTE · texte numérisé non relu

LA COMTESSE, LISETTE

LISbttb, à part, en s'approcha de la ConUésêê. Que veut-il dire?

scèNK xxn 153

LA COMTESSE

Ah! c'est donc vous?

LISETTE

Oui, madame* La poste n'était pas partie»

£h bien ! que vous a dit le Marquis t

LA COBfTBSSS.

Vous méritez bien que je l'épouse.

LISETTE

Je ne sais en quoi je le mérite: mais, ce qui est de certain, c est que, toute réflexion faite. fe venais pour vous le conseiller. {A part.) u aiut céder au torrent.

LA OOBfTESSB.

Vous me surprenez. Et yos profits, que de- Tiendront-ils?

LISETTE

Qu'est-ce que c'est que mes profits?

LA COMTESSE

Oui, vous ne gagneriez plus tant ayeç moi, si j'avais un mari, avez-vous dit à L'Épine.

Penserait- on que je serai peut-être obligée de me remarier pour échapper à la tourberie et aux services intéressés de mes domestiques t

LISETTE, à pari.

Ah I le coquin ! il m'a donc tenu parole.

(Haut.) Vous ne savez pas qu'il m'aime, madame; que par là il a intérêt que vous épousiez son maître; et, comme j'ai refusé de voua parler en faveur du Marquis, L'Épine a cm

âue je le desservais auprès de vous; il m'a it que je m'en repe. tirais, et voilà comme il s'y prend. Mais, en bonne foi, me reconnaissez-vous au discours qu'il me fait tenir? Y a-t-il môme du bon sens? M'en aimerez-voua moins quand vous serez remariée? En serea- TOUS moins bonne, moins généreuse?

LA COMTESSE

Je ne le pense pas.

LISETTE

Surtout avec le Marquis, qui, de scm côté, est le meilleur homme du monde. Ainsi,, gvi*est-ce que j'y perdrais? Au contraire, si paime tant mes profits, avec vos bienfait»>le pourrais encore espérer les siens.

LA. COMTESSE

Sans difTculté.

LISETTE

Et enfin j^ pense si différemment, que le ifienais actuellement, comme je vous l'ai dit, tâcher de vous porter au mariage en ques^ tion, parce que je le juge nécessaire.

Ikài COMTESSE.

Voilèk qui est bien, je vous croiSb. Js; ne. mk^ vais pas que L'Epine vous aimait, et cela change teuti cent un article qui voua juatâfle : iTen parlons plu& Qu'est-ce que tu voulaôftmAdire?

LIBBTTA.

Que Je songeais que le Maiw^iis est na; Homme estimaiblei

LA OOBfTBSSB'.

Sans contredit; je n/ai Janmis pensé autnment.

libettb; tfn homme en qui vous aurez Tagrément cPavoir un ami sûr, sans avoir de maître:

LA GOMTESSK.

Cela est encore vim: ca n!est pas là eKqao; l0râiseute.

LISETTE'

Vos afTaireS' vous fatiguent.

LAr comtesse.

Plus que je ne puis dire : je les entends mal, et je «uis née paresseuse.

LISETTE

TOKEB en ayez des instants âe msuraiseliameur, guî nuisent àTotre santé.

LA. COMJJSSSE.

Je jn'Aî connu mes migraines «que depuis mon T&u^age.

LISETTE

PKûcureurs, s^ocats, f6rniiiea*s, Je Marquis Ibus délirerait de tous .ces , gens-là. Save»* rous bien que c'est peut-(&trele seul homme qui Yûus convienne f

tLà QOMISSfiS.

n faut donc que j 'y rêve.

USBTXfB.

V^ufi us TSU8 aeutez pointde TéloigDsmeut pour lui?

jUi comnass.

Non^ Aueuiu Je ne dis pas que je l'aime do ce qu'on appelle passioiL; m<ai8 je n'ai inen dans le cœur qui lui soit contraire.

LISBTTB.

jBh ! 31'iBBtToe pas assez ? yrsâmentl ûe la passion ! Si, pour tous marier, Ymm attendes qu'il vous en yienne, tous resterez toujours Yeuvfi^ et, à proprement parler, ce n'est pas lui que je vous propose aôpouser, c'est son caractère.

L^ COMTESSE

QUI est admirable, j'en conviens. Et onpeuil dire assurément que tu plaides bien pour lui. lu me disposes on ne peut pas jnieux; mais Un'sura pas l'esprit d'en profiter, mon enfant.

lilSBTTB.

D*où vient donc? Ne vous Srt-il pas psxlé de son amour?

XA COMTESSE

Dui, n m'a dit qu'il m'simait; et mon 90s»

Ll LI68

mier mouyement a été d'en paraître étonnée; c'était bien le moins. Sais-tu ce qui est arrivé? Qu'il a pris mon étonnement pour de la colère. 11 a commencé par établir que Je ne pouTais pas le souffrir. En un mot, je le déteste; Je suis furieuse contre son amour :

Toiîà dP où il part; moyennant quoi, je ne saurais le désabuser sans lui dire : Monsieur, TOUS ne savez ce que vous dites; et ce serait me jeter à sa tête; aussi n'en ferai- je rien.

USBTTB.

Oh I c'est une autre affaire : tous avez raison; ce n'est pas ce que je vous conseille non plus; et il n'y a qu'à le laisser là.

LA COMTBSSB.

Bon ! tu veux que je l'épouse, tu veux que je le laisse là; tu me promènes d'une e^firémité à l'autre. Et peut-être n'a-t-il pas tant de tort, et que c'est ma faute. Je lui réponds quelquefois avec aigreur.

LISETTB.

J'y pensais; c'est ce que j'allais tous dire. Voulez-Yous que J'en parle a L'Epine, et que je lui insinue de rencouragert

LA OOBfTESSB.

Non, je te le défends, Lisette; à moins que Je n'y sois pour rien.

LISETTB.

Apparemment : ce n'est pas tous qui tous en avisez, c'est moi.

LA COBfTESSB.

En ce cas, je n'y prends point de part. Si le l'épouse, aest a toi qu'il en aura obligation; et je pretenos qu'il le sache, afin qu'il t'en récompense.

Voyez comme votre mariage diminuera mes profits! Je vous quitte pour chercher L'Epine;

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mais ce n est pas la peine, voilà le Marquis, et je vous laisse. (Elle sart^

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