JEAN VALJEAN AUX PRISES AVEC DES BANDITS
Jondrette, c'est-à-dire, on le sait, Thénardier, a organisé un guet-apens contre un « philanthrope ■> dont il ignore le nom, mais dans lequel il a reconnu l'homme qui lui acheta Cosette en 1823. Nous sommes maintenant en 1832. Marius, dont le a grenier », dans la masure Gorbeau, est contigu au « bouge » des Jondrette, a surpris les préparatifs du complot, et s'est hâté de prévenir la police. L'inspecteur à qui il a parlé est Javert. Marius, d'ailleurs, sait que le personnage menacé est son « M. Leblanc » : il l'a vu, le matin, chez les Jondrette, par un trou de la cloison qui sépare sa pauvre chambre de leur taudis. C'est à six heures du soir que le « philanthrope » doit revenir. Six heures sonnent, et Marius, qui a repris sa place à son observatoire, le voit entrer, poser quatre louis sur une table, et s'asseoir. Il a été convenu entre Javert et le jeune homme que celui-ci tirerait un coup de pistolet au moment où il jugerait nécessaire l'intervention des policiers.
Se préoccuper des fonds obscurs1'.
A peine assis, M. Leblanc tourna les yeux vers les grabats qui étaient vides.
— Comment va la pauvre petite blessée3? demanda-t-il.
— Mal, répondit Jondrette avec un sourire navré et reconnaissant, très mal, mon digne monsieur. Sa sœur aînée l'a menée à la Bourbe 'l se faire panser. Vous allez les voir, elles vont rentrer tout à l'heure.
— Madame Fabantou ;; me paraît mieux portante ? reprit M. Leblanc en jetant les yeux sur le bizarre accoutrement de la
t. Nous donnons sous ce titre des pages extraites des chapitres xix, xx et xxi du livre VIII de la IIIe partie.