‹ uvres choisies illustréesChapitre 155 sur 240 · H PROSE · texte numérisé non relu

H PROSE

Son tintement n'était plus qu'un râle intermittent. Puis ce râle s'éteignit. Où étaient-ils donc? et à quelle distance étaient-ils de la bouée? Le bruit de la cloche les avait effrayés, son silence les terrifia. Le norois leur faisait faire un chemin peut-être irréparable. Ils se sentaient emportés par une frénétique reprise d'haleine. L'épave courait dans le noir. Une vitesse aveuglée rien n'est plus affreux. Ils sentaient du précipice devant eux, sous eux, sur eux. Ce n'était plus une course, c'était une chute...

Ils échappent néanmoins à de terribles périls, et peuvent, un moment, se croire sauvés. L'ouragan s'est arrêté, mais une voie d'eau s'est faite, ils sont perdus ! Le docteur a juste le temps d'écrire leur confession, — c'est-à-dire l'histoire de l'enfant qu'ils ont abandonné à Portland, — sur un parchemin, qu'il enferme dans une gourde. Il bouche et goudronne cette gourde, — qui parviendra quinze ans plus tard à l'amirauté anglaise et transformera le bateleur Gwynplaine en grand seigneur.

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