‹ uvres choisies illustréesChapitre 53 sur 240 · LE H H IX · texte numérisé non relu

LE H H IX

Dans cet ouvrage considérable, qui parut en janvier 1842 — et que nous avons déjà cité à propos des Bur graves*, — on peut distinguer trois parties: i° les Lettres, qui constituent le récit d'un voyage fait par Victor Hugo en 1838-1839 ; 20 un « conte bleu », que l'auteur assure avoir écrit « sous les murailles mêmes » du Falkenbure;. avec la fantastique forêt de Sonn sous les veux », et comme « sous la dictée des arbres, des oiseaux et du vent des ruines» (conte intitulé: Légende du beau Pécopin et de la belle Bauldour) ; 30 une longue Conclusion historico-politique, écrite en 1841, et qui était, aux yeux de Victor Hugo, la partie essentielle de l'ouvrage, — il le déclare en ces termes dans la préface :

... On se rappelle qu'il y a six ou huit mois environ la question du Rhin s'est agitée tout à coup. Des esprits, excellents et nobles d'ailleurs, l'ont controversée en France assez vivement à cette époque, et ont pris tout d'abord, comme il arrive presque toujours, deux partis opposés, deux partis extrêmes. Les uns ont considéré les traités de 181 5 comme un fait accompli, et, partant de là, ont abandonné la rive gauche du Rhin à l'Allemagne, ne lui demandant que son amitié ; les autres, protestant plus que jamais et avec justice, selon nous, contre 181 5, ont réclamé violemment la rive gauche du Rhin et repoussé l'amitié de l'Allemagne. Les premiers sacrifiaient le Rhin à la paix, les autres sacrifiaient la paix au Rhin. A notre sens, les uns et les autres avaient à la fois tort et raison. Entre ces deux opinions exclusives et diamétralement contraires, il nous a semblé qu'il v avait place pour une opinion conciliatrice. Maintenir le droit de la France sans blesser la nationalité de l'Allemagne, c'était là le beau problème dont celui qui écrit ces lignes avait, dans sa course sur le Rhin, cru entrevoir la solution. Une fois que cette idée lui apparut, elle lui apparut non comme une idée mais comme un devoir. A son avis, tout devoir veut être rempli. Lorsqu'une question qui intéresse l'Europe, c'est-à-dire l'humanité entière, est obscure, si peu de lumière qu'on ait, on doit l'apporter. La raison humaine, d'accord en cela avec la loi Spartiate, oblige, dans certains cas, à dire l'avis qu'on a. Il écrivit

Page 1