V. H. — PROSE
ailleurs. On n'a posé aucun appareil, on n'a fait aucune ligature...
Ainsi on a donné à la Bavière quelques anneaux de la chaîne des Vosges, vingt-six lieues de long sur vingt et une de large, cinq cent dix-sept mille quatrevingts âmes, trois morceaux de nos trois départements de la Sarre, d.: '^as-Rhin et du Mont- Tonnerre. Avec ces trois morceaux, la Bavière a fait quatre districts. Pourquoi ces chiffres et pas d'autres? Cherchez une raison ; vous ne trouverez que le caprice.
On a donné à Hesse-Darmstadt le bout septentrional des Vosges, le nord du département du Mont-Tonnerre, et cent soixante-treize mille quatre cents âmes. Avec ces âmes et ces Vosges, la Hesse a fait onze cantons.
... L'arrangement de 1815 a été une répartition léonine. Les rois ne se sont dit qu'une chose : Partageons... On distribuait des peuples et l'on ne songeait pas aux peuples. On s'agrandissait, on s'arrondissait, on s'étendait, voilà tout. Chacun payait ses dettes avec un peu de la France. On faisait des concessions viagères et des concessions à réméré. On s'accommodait entre soi. Tel prince demandait des arrhes ; on lui donnait une ville. Tel autre réclamait un appoint ; on lui jetait un village.
Mais sous cette légèreté apparente nous l'avons indiqué, il y avait une pensée profonde, une pensée anglaise et russe qui s'exécutait, disons-le, aussi bien aux dépens de l'Allemagne qu'aux dépens de la France. Le Rhin est le fleuve qui doit les unir; on en a fait le fleuve qui les divise.
Ce que Hugo rêvait alors, c'était que la rive gauche du Rhin, qui « appartient naturellement à la France », lui fût rendue. A ce prix seulement pourraient s'allier la France et l'Allemagne, dont la « désunion », disait l'auteur de cette Conclusion du Rhin, est « la dislocation de l'Europe... ».