‹ Œuvres choisiesChapitre 119 sur 228 · VOLT A THE · texte numérisé non relu

VOLT A THE

cédé son arrivée au pouvoir. II aurait dû reconnaître que Louis XIV n’est pour rien dans les chefs-d’œuvre de Corneille, ni dans les œuvres géniales d’un Descartes ou d’un Pascal, comme dans les tableaux d’un Poussin ou d’un Le Sueur. Ce souci d’une chronologie exacte aurait nui à l’éclat et à la majesté du tableau que Voltaire voulait tracer. Ce qu’il appelle le siècle de Louis XIV est une période arbitraire, qui commence, nous dit-il, vers 1635 (voir p. 518, n. 2) et qui semble s’étendre au delà de l’année 1715, jusque à une date indéterminée.

Un reproche plus grave a été fait à Voltaire1, c’est d'avoir méconnu lame même du dix-septième siècle : la profondeur du sentiment religieux dont cette grande époque était pénétrée. Il n’a pas vu ce qu’il y avait de respectable et de passionnant dans ces débats sjir la Grâce , qui ont mis aux prises les plus illustres représentants de l’esprit chrétien au dix-septième siècle. « On va parler, dit-il, de ces dissensions qui font honte à la nature humaine. » Il n’y a vu que des querelles misérables, parce qu’i.l n’a voulu considérer ni l’importance des problèmes, ni la sincérité et l’angoisse des adversaires.

Ces réserves faites, il faut reconnaître que certains reproches adressés à l’auteur du Siècle portent à faux. Le président Hénault l’a accusé de ne voir que la superficie des choses et de diffamer sa patrie.

Au second de ces deux reproches, Voltaire a répondu justement :

« J’ose croire que ceux qui liront Y Histoire de Louis XIV verront bien que je suis Français 2. >» Quant au reproche de légèreté, sauf en ce qui touche les questions religieuses, il ne peut être adressé à un ouvrage si étudié et qui suppose une lecture si étendue, des recherches si patientes, des investigations si pénétrantes. Voltaire a lu tout ce qui setait publié d’histoires et de Mémoires, deux cents volumes, nous dit-il. Il a recherché les documents inédits, comme les Mémoires de Dangeau et de Villars, les papiers de Colbert et de Louvois. Il a pu aussi, grâce à d’Argenson, consulter le manuscrit de Saint-Simon II a pénétré dans les archives. Il était d’ailleurs admirablement préparé à sa tâche par toutes les conversations que, depuis sa jeunesse, i] avait recueillies de témoins et d’acteurs des événements, soit en France, soit en Angleterre. Après sa première édition, il profita des critiques qui lui étaient adressées, pour se compléter et se corriger. Il obtint du duc de Noailles les manuscrits de Louis XIV. Son œuvre est donc, dans son ensemble, une solide étude historique, en même temps qu’une belle œuvre littéraire et un monument patriotique.

Voici les titres des- chapitres du Siècle de Louis XIV 3.

Chapitre premier. Introduction. — IL Des Etats de l’Europe avant Louis XIV. — 111. Minorité de Louis XIV. Victoires des Français sous le grand Condé. — IV. Guerre civile. — V. Suite de la guerre civile jusqu’à la fin de la rébellion en 1653. — VI. Elat de la France jusqu’à la mort du cardinal Mazarin, en 1661 —

(1) ParNisard en particulier f//. de la Littérature fr. IV, p. 369).

(2) Lettre à Mme Denis, 24 décembre 1751.

(3) Nous reproduisons ces titres tels qu’ils ont été formulés par l’auteur.

LE SIECLE DE LOUIS

VII. Louis XIV gouverne par lui-même. Il force la branche d’Autriche espagnole à lui céder partout la préséance, et la cour de Rome à lui faire satisfaction. Il achète Dunkerque. Il donne des secours à l’Empereur, au Portugal, aux Etats généraux et rend son royaume florissant et redoutable. — VIII. Conquête de la Flandre.

— IX. Conquête de la Franche-Comté, paix d’Aix-la-.Chapelle. — X. Travaux et magnificence de Louis XIV. Aventure singulière

en Portugal. Casimir en France. Secours en Candie. Conquête de la Hollande. — XI. Évacuation de la Hollande. Seconde conquête de la Franche-Comté. — XII. Belle campagne et mort du maréchal de Turenne. Dernière bataille du grand Condé à Senef. — XIII. Depuis la mort de Turenne jusqu’à la paix de Nimègue, en 1678. —XIV. Prise de Strasbourg. Bombardement d’Alger. Soumission de Gênes. Ambassade de Siam. Le pape bravé dans Rome. Électorat de Pologne disputé. — XV. Le roi Jacques détrôné par son gendre Guillaume III, et protégé par Louis XIV. — XVI. De ce qui se passait dans le continent, tandis que Guillaume III envahissait l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, jusqu’en 1697. Nouvel embrasement du Palatinat. Victoires des maréchaux de Catinat et de Luxembourg, etc.

— XVII. Traité avec la Savoie. Mariage du duc de Bourgogne. Paix de Ryswick. Etat de la France et de l’Europe. Mort et testament de Charles II, roi d’Espagne.

XVIII. Guerre mémorable pour la succession à la monarchie d’Espagne. Conduite des ministres et des généraux jusqu’en 1703. — XIX. Perte de la bataille de Bleinheim ou d’Hochstedt, et ses suites.

— XX. Pertes en Espagne : pertes des batailles de Ramillies et de Turin, et leurs suites. — XXL Suite des disgrâces de la France et de l’Espagne Louis XIV envoie son principal ministre demander en vain la paix. Bataille de Malplaquet perdue, etc. — XXII. Louis XIV continue à demander la paix et à se défendre. Le duc de Vendôme affermit le roi d’Espagne sur le trône. — XXIII.' Victoire du maréchal de Villars à Denain. Rétablissement des affaires. Paix générale. —

XXIV. Tableau de l’Europe depuis la paix d Utrecht jusqu’à la mort de Louis XIV.

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