LX INTRODUCTION
M. Barrot avec rordonnance de dissolution de la chambre des députés , la crise eût pu être peu à peu surmontée. Mais quand, le 24 février au matin ^ le Moniteur parut sans ministère, le secret de l'empire fut divulgué, comme dit Tacite, et les amis de la naaison d'Orléans purent comprendre que ses destinées allaient s'accomplir.
Cependant M. Thiers avait convoqué le matin aux Tuileries ceux de ses amis qui devaient faire partie du ministère nouveau. J'arrivai vers huit heures et demie , et quel ne fut pas mon étonnement quand M. Thiers et M. Barrot m'expliquèrent le silence du Moniteur! M. Barrot eut alors l'idée de se présenter aux barricades, non comme ministre, il ne rétait pas, mais comme homme, avec la seule autorité de son nom , pour arrêter ou ralentir l'insurv^rection. Je me joignis à lui avec quelques amis. A mon retour aux Tuileries, vers onze heures, je trouvai les choses à peu près dans le même état. Il n'y eut ni ordonnances signées ni serments prêtés. Tout se passa en conversations vagues, au moins devant moi , car je ne dis que le peu que j'ai vu , et ne réponds pas du reste.
Chaque minute aggravait le péril et le rapprochait des Tuileries. Partout le désordre et la confusion. Tout à coup la porte du cabinet du roi s'ouvre , et je vois paraître M. Emile de Girardin, tenant à la main un papier qu'il remit au duc de Nemours, et que celui-ci remit au roi. Il parait que ce papier contenait l'avis que tout était perdu si le roi n'abdiquait surle-champ, et si on ne proclamait madame la duchesse