Œuvres complètes, avec des notes
( Les {Trand pensées viennent du cteur , > a (lit Vauvei)3;ues. — ?ion ; mais les pensées touriiani«!s. U {jramles pensées viennent de l'ame; l«s pei^-es brillantes de l'imagination: les pensées jues et profondes delà laison. — Vaine et suHe (Jistinciion ! L'homme peut-il ainsi se décaipo;ier .'' Xme, cceur, ima(>înaiion, raison ! louCela ne dësigne-t-il pas , par d'incobérenles frôles, une même cause qui semanifiesie diveiement t Comment séparer en nous le senlimei et ics idées? la volonié et la réflexion? N'st-ce |>as toujours ce même principe de la vie ede l'intelligence différemment modilié? DeVns-nous assigner à sa spirituelle essence dea|>laces matérielles dans les diverses parties d* notre corjisï L'attaciierons-nous à ici ou tel iscèreî L'emprisonnerons-nous dans tdoutel4'f;ane? — Oui. Puis<^ue nous sommes coDdatODs ù Ignorer toujours sa nature, pouvous-noB en parler autrement que par ses effietfi? Puvons-nous faire que nos expressions ne se rffientent de l'obscurité des notions qui nous Ie3su{;gérent , et n'y a-I-îl pas nécessité d'assortr noire langage à la grossièreté de nos L-oQcepâoDS ?
AdmeaanA ces distinctions , puisque sans elles nous ne poirrions nous (aire compi-endre. Séparons les pe5c!ianls des talents, le caractère lies facultés. Faisons deux parts : celle de l'bomme, et celle de l'écrivain.
Pi-esque toujours elles existent séparées chez 'es plus grands génies. Leurs puissances iniellei-luelles ne connolssent point d'cnliavcs ; elles
agissent en eux , abstraction faite de l'individu. Mais il est aussi des génie^s d'un autre ordre. Ceux-ci sont tellement dominés par leurs penchants, que d'eux seuls ils jieuvent recevoir des inspirations. Leuc cerveau n'obéit qu'aux agitations du cu'ur, et aux impressions de lame ; leurs productions n*eii sont que les ex-* pressions fidèles et obligées. Veulent-ils se sousiraii'e À ce qu'elles leur imposent , leur talent disparoit; ils ne sont rien, quand ils ne sont pas eux tout entiers.
Pour que le naturel domine à ce point l'intelligence , il faut qu'il soit fortement modelé , et qu'il nepuisses'arréler sur aucune idée sans 1a marqirer ausshAl de son empreinte originale, j
Les grands écrivains de celte trempe sont ra- ' res, ei ils ont un cbarme particulier; un attrait puissant nous attache à la lecture de leurs écrits. Nons les y cherchons toujours ; nous les y retrouvons sans cesse. Ce n'est plus une lecture . c'est un entretien animé , oîi ce qu'on devine ftappe plusque ce qu'on expiime ; c'est un commerce intime auquel on se plait d'autant pins qu'il est ancien et habituel. Celte investigation .de l'homme par ses ouvrages nous plaît, parcequ'clle Dous initie à cette mystérieuse étude du cœur humain, la plus intéressante de toutes pour notre bonheur et celui de nos semblables, la plus féconde en résultats utiles.
Aussi tout nous ramène vers ces auteurs, jusqu'aux imperfections et aux défauts de leur nature ; car c'est souvent à ces im|M-rfectiuns, et à ces dcfiiuls mi^-nie, qu'ils doivent luin («irlic de