‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 179 sur 670 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Dans l'escaroelle de notre homme.

Il enToyoit le diable à Rome ; ]je diable revenoit tout chargé de pardons.

Aucuns voyages n'éloient longs,

Aucune chose malaisée.

L'amant , à force de rêver Snr les ordres nouveaux qu'il lui Êdloit trouver,

Vit bientôt sa cervelle usée.

Il s'en plaignit à sa divinité.

Lui dit de bout en bout toute la vérité. Quoi! ce n'est que cela? lui repartit la dame :

Je vous aurai bientôt tiré

Une telle épine de l'ame.

Quand le diable viendra , vous lui présenterez

Ce que je tiens, et lui direz :

Défnse-moi ceci, fois tant par tes journées Qu'il devienne tout plat. Lors elle lui donna

Je ne sais quoi , qu'elle tira Du verger de Cypris, labyrinthe des fées , Ce qu'un duc autrefois jugea si précieux , Qu'il voulut l'honorer d'une chevalerie ;

Illustre et noble confrérie ' ,

Moins pleine d'hommes que de dieux «.

L'amant dit au démon : C'est ligne circulaire Et courbe que ceci ; je t'ordonne d'en faire

Ligue droite et sans nuls retours :

Va-t'en y travailler, et cours.

L'esprit s'en va , n'a point de cesse

Qn'Û n'ait mis le fil sous la presse; Tâche de l'aplatir à grands coups de marteau ;

Fait séjourner au fond de l'eau , Sans que la ligne fAt d'un seul ftoint étendue.

De quelque tour qu'il se servit, Quelque secret qu'il ei^t, quelque charme qu'il fit,

C'étoit temps et peine perdue :

Il ne put mettre à la raison La toison.

Elle se révoltoit contre le vent, la pluie, La neige , le brouillard : plus Satan y touchoit ,

Moins l'annelure se lâchoit. Qu'est-ce ci? disoit-il ; je ne vis de ma vie Chose de telle étoffe ; il n'est pohit de lutin

Qui n'y perdit tout son latin.

Messire diable un beau matin S'en va trouver son homme, et lui dit : Je te laisse.

< L'ordre de la Toison d'or, iiuKitoé en 1430 pir Philippe-lc- Boo , duc de Bourgogne . en l'honneur d'une dame de Bruges , dont il étoit amoureux. Celte dame étoit plus que blonde ; et les courtisans ayant laissé échapper quelques plaisanteries à ce 8n)eC, le duc conçut le dessein de changer en marque de distinction le si^et de leurs railleries, et il institua , dans ce but , l'ordre de la Toison d'or.

* Plus de souverains et de princes que de nobles ordinaires. En effet, lors de l'institution, le nombre des membres de la Toison d'or fut fixé à trente et un . y compris le grand-maître.

Apprends-moi seulement ce que c'est que cela :

Je te le rends: tiens, le voilà.

Je suis vicTUB ', je le confesse.

Notre ami monsieur le luiton ' , ^

Dit l'homme, vous perdez un peu trop tôt couragfc ; Celui-ci n'est pas seul , et plus d'un compagnon

Vous auroit taillé de l'ouvrage.

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