‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 191 sur 670 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

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dent aussi va jusqo'à la folie , ) en ce lien la suivit par pitié , rnoorir de compagnie ; 'entends bieir, c'est-à-dire , en un mot , oniné qu'à demi ce complot , . à l'effet y conrageose et hardie, rec la dame avoit été nourrie ; L s'entr'aimoient , et cette passion ivec l'âge au cœur des deux femelles : ntier à peine eiU fourni deux modèles ' telle inclination.

dave avoit plus de sens que la dame, «sser les premiers mouvements ; mais en vain , de reiYiettre cette ame [laire train des communs sentiments, itions la veuve inaccessible i seulement à tout moyen possible » défunt aux noirs et tristes lieux, it été le plus coiurt et le mieux ; ne vouloit paître encore ses yeux sor qu'enfermoit la bière , dépouille, et pourtant chère:

. là le seul aliment î prit en ce monument, n donc fut celle des portes re d'autres de tant de sortes e choisit pour sortir d'icî-bas.

passe , et deux , sans autre nourriture »fonds soupirs , que ses fréquents hélas , inutile et long murmure dieux, le sort, et toute la nature, sa douleur n'omit rien , leur doit s'exprimer si bien.

autre mort faisoit sa résidence

e ce tombeau, mais bien difléremmeut,

n'avoit pour monument

: dessous d'une potence :

pie aux voleurs on l'avoit là laissé.

idat bien récompensé

doit avec vigilance.

t dit par ordomiance

itres voleurs, un parent , un ami,

it , le soldat , nonchalant , endormi ,

liroit aussitôt sa place.

t trop de sévérité :

1 publique utilité

pie l'on fit au garde aucune grâce.

nuit il vit aux fentes du tombeau

(que clarté, spectacle assez nouveau.

I y court, entend de loin la dame

lissant l'air de ses clameurs.

$t étonné , demande à cette femme

uoi ces cris , pourquoi ces pleurs ,

Pourquoi cette triste musique.

Pourquoi cette maison noire et mélancoliqiip. Occupée à ses pleurs , à peine elle entendit

Toutes ces demandes frivoles.

La mort potu* elle y répondit :

Cet objet , sans autres paroles ,

Disoit assez par quel malheur La dame s'enterroit ainsi toute vivante. Nous avons finit serment, ajouta la suivante , De nous laisser mourir de Csûm et de douleur. Encor que le soldat fiH mauvais orateur. Il leur fit concevoir ce que c'est que la vie. La dame cette fois eut de l'attention ;

Et déjà l'autre passion

Se trouvoit un peu ralentie :

Le temps avoit agi. Si la foi du serment , Poursuivit le soldat , vous défend Paliment ,

Voyez-moi manger seulement , Vous n'en mourrez pas moins. Un tel tempérament

Ne déplut pas aux deux femelles.

Conclusion , qu'il obtmt d'elles Une permission d'apporter son soupe :

Ce qu'il fit. Et Fesclave eut le cceur fort tenté De renoncer dès-lors à la cruelle envie

De tenir au mort compagnie.

Madame, ce dit-elle, un penser m'est venu : Qu'importe à votre époux que vous cessiez de vivre? Croyez-vous que lui-même il f(\t homme à vous suivre Si par votre trépas vous l'aviez prévenu ? Non , madame ; il voudroit achever sa carrière. La nôtre sera longue encor si nous voulons. Se faut-il, à vingt ans, enfermer dans la bière? Nous aiux)ns tout loisir d'habiter ces maisons. On ne meurt que trop tôt ; qui nous presse ? attendons Quant à moi , je voudrois ne mourir que ridée. .Voulez-vous emporter vos appas chez les morts ? Que vous servira-t-il d'en être regardée ?

Tantôt, en voyant les trésors Dont le Ciel prit plaisir d'orner votre visage,

Je disois : Hélas ! c'est dommage !

Nous-mêmes nous allons enterrer tout cela. A ce discours flatteur la dame s'éveilla. Le dieu qui fait aimer prit son temps; il tira Deux traits de son carquois : de l'un il entama Le soldat jusqu'au vif; l'autre effleura la dame. Jeune et belle, elle avoit sous ses pleurs de l'éclat;

Et des gens de goAt délicat Auroient bien pu l'aimer, et même étant leur femme. Le garde en fut épris : les pleurs et la pitié ,

Sorte d'amour ayant ses charmes , Tout y fit : une belle, alors qu'elle est en Urmes ,

En est plus belle de moitié.

Voilà donc notre veuve écoutant la louange , Poiioa qui de l'amour est le pranier degré ;

CONTES ET NOUVELLES

La voilà qni trouve à son gré Celui qui le lui donne. Il fait Unt qu'elle mange; Il fait tant que de plaire , et se rend en effet Plus digne d*étre aimé que le mort le mieux foît;

n fait tant enfin qu'elle change ; Et toujours par degrés, comme l'on peut penser , De l'un à l'autre il fiiit cette femme passer.

Je ne le trouve pas étrange.

Elle écoute un amant, elle en &it un mari, Le tout au nez du mort qu'elle avoit tant chéri.

Pendant cet hyménée , un voleur se hasarde D'enlever le dépôt commis au soin du garde : Il en entend le bruit , il y court à grands pas *,

Mais en vain , la chose étoit faite, n revient au tombeau conter son embarras ,

Ne sachant où trouver retraite.

L'esclave alors lui dit, le voyant éperdu :

L'on vous a pris votre pendu?

Les lois ne vous feront, dites- vous, nulle grâce? Si madame y consent , j'y ranédierai bien.

Mettons notre mort en la place ,

Les passants n'y connoltront rien.

I^ dame y consentit. O volages femelles ! I^ femme est toujours femme. Il en est qui sont belles;

Il en est qui ne le sont pas :

S'il en étoit d'assez fidèles ,

Elles auroient assez d'appas.

Prudes, vous vous devez défier de vos forces : Ne vous vantez de rien. Si votre intention

Est de résister aux amorces, La nôtre est boime aussi ; mais l'exécution Nous trompe également: témoin cette maUrone.

Et n'en déplaise au bon Pétrone, Ce n'étoit pas un fait tellement merveilleux , Qu'il en dût proposer l'exemple à nos neveux. Cette veuve n'eut tort qu'au bruit qu'on lui vit faire, Qu'au dessein de mourir, mal conçu , mal formé :

Car de mettre au patibulaire '

Le corps d'un mari tant aimé.

Ce n'étoit pas peut-être une si grande affaire; Cela lui sauvoit l'autre : et, tout considéré. Mieux vaut goujat debout qu'empereur enterré.

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