‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 196 sur 670 · A MO^S£IGIŒUR LE DUC DE VENDOME · texte numérisé non relu

A MO^S£IGIŒUR LE DUC DE VENDOME

Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux. Ces deux divmités n'accordent à nos vceux Que des biens peu certains, qu'un plaisir peu tran- Des soucis dévorants c'est l'étemel asile'; [ quille : Véritables vautours , que le fils de Japet Représente , enchaîné sur son triste sommet ^ L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste. Le sage y vit en paix, et méprise le reste: Content de ses douceurs, errant parmi les bois , Il regarde à ses pieds les favoris des rois; n lit au front de ceux qu'un vam luxe environne Que la Fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne. Approche-t-il du but, quitte-t-il ce séjour; Riôi ne trouble sa fin : c'est Je soir d'un beau jour.

Pliilémon et Rauds nous en offrent rexem[»le : Tous deux virent changer leur cal>ane en uu temple. Ilyménée et l'Amour,, par des désirs constants, A voient uni leurs cœurs dès leur plus doux printemps . Ni le temps ni rii3fnien n'éteignirent leur flaimue; Clothon prenoit plaisir à filer cette trame.

* Louis-Ju0e|»li. duc de Venddinc, arrière-pelit-rilsdc Ucuri 1\ . naquit le l^r juillet 1654, et mourut le H juin 1712 en Otabtfnie. Il fut . aiusi (|ue non frère le grand-prieur, un don amis et un don |Mt>tccteun les plus généreux de notre poète.

* C'est-à-dire : Ces soucis dévorants sont des vautours qui mhiI semblables à ceux que la UïÀc représente déchirant les enlraiUe* sans ce»e renaissantes de Prouiétliéc. fU> de Japt*!. rncliainé

i sur le sommet du uiout Caucase.

CONTES ET NOUVELLES

Ils sarent cultiver, sans se voir assistés ,

Leur enclos et leur champ par deux fois vingt étés.

Eux seuls ils composoient toute leur république :

Heureux de ne devoir à pas un domestique

Le plaisir ou le gré des soins qu'ils se rendoient !

Tout vieillit : sur leur front les rides s'étendoient;

L'amitié modéra leurs feux sans les détruire ,

Et par des traits d'amoiu* sut encor se produire.

Ils habitoient un bourg plein de gens dont le casar Joignoit aux duretés un sentiment moqueur. Jupiter résolut d'abolir cette engeance.

Il part avec son fils , le dieu de l'éloquence ' ; Tous deux en pèlerins vont visiter ces lieux. Mille logis y sont , un seul ne s'ouvre aux dieux. Prêts enfin à quitter un séjour si profane, Ils virent à l'écart une étroite cabane , Demeure hospitalière , humble et chaste maison. Mercure frappe : on ouvre. Aussitôt Plûlémon Vient au-devant des dieux, et leur tient ce langage: Vous me semblez tous deux fatigués du voyage, Reposez-vous. Usez du peu que nous avons; L'aide des dieux a fkit que nous le conservons: Usez-en. Saluez ces pénates d'argile :

Jamais le ciel ne fut aux humains si facile, Que quand Jupiter même étoit de simple bois; Depuis qu'on la fait d'or, il e^t sourd à nos voix. Baucis , ne tardez point : faites tiédir cette onde : Encor que le pouvoir au désir ne réponde , Nos hôtes agréeront les soins qui leur sont dus. - Quelques restes de feu sous la cendre épandus D'un souflle haletant par Baucis s'allumèrent : Des branches de bois sec aussitôt s'enflammèrent. L'onde tiède , on lava les pieds des voyageurs. Philémon les pria d'excuser ces longueurs : Et pour tromper l'ennui d'une attente importune. Il entretint les dieux , non point sur la fortune , Sur ses jeux , sur la pompe et la grandeur des rois; Mais sur ce que les champs , les vergers , et les bois Ont de plus innocent , de plus doux , de plus rare. Cependant par Baucis le festin se prépare. La table où l'on servit le champêtre repas * Fut d'ais non façonnés à l'aide du compas : Encore assure-t-on , si l'histoire en est crue , Qu'en un de ses supports le temps i'avoit rompue. Baucis en égala les appuis chancelants Du débris d'un vieux vase , autre injure des ans. Un tapis tout usé couvrit deux escal)elles : Il ne servoil pourtant qu'aux fêtes solennelles. Le linge orné de fleurs fut couvert, pour tout mets, D'un peu de lait, de fruits, et des dons de Cérès.

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