‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 202 sur 670 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

Aux plus infortonés la tombe sert d'asile. Il prit pour héritière, en finissant ses jours, lole , qui mouilla de pleurs son mausolée. Que sert-il d'être^ plaint quand Tame est envolée? Ce satrape eût mieux fait d'oublier ses amours.

La jeune Iris à peine achevoit cette histoire ; Et ses sœurs avouoient qu'un chemin à la gloire , C'est l'amour. On fait tout pour se voir estimé : Est-il quelque chemin plus court pour être aimé ? Quel charme de s'ouïr louer par une bouche Qui, même sans s'ouvrir, nous enchante et nous tou- Ainsi disoient ces sœurs. Un orage soudain [che ! Jette un secret remords dans leur profane sein. Bacchus entre, et sa cour, confus et long cortège : Où sont, dit-il, ces sœurs à la main sacrilège? Que Pallas les défende , et vienne en leiu: feveur Opposer son égide à ma juste fureur :

Rien ne m'empêchera de punir leur offense.

Voyez : et qu'on se rie après de ma polssanœ! n n'eut pas dit , qu'on vit trois monstres au plancher, AUés, noirs et velus, en un coin s'attacher. On cherche les trois sœurs; on n'en voit nulle trace. Leurs métiers sont brisés; on élève en leur place Une chapelle an dieu , père du vrai nectar. Pallas a beau se plaindre, elle a beau prendre part Au destin de ces sœurs par elle protégées ; Quand quelque dieu, voyamt ses bontés négligées. Nous fait sentir son ire ', un autre n'y peut rien : L'Olympe s'entretient en paix par ce moyen. Profitons, s'il se peut, d' un si fomeux exemple, [pie Chômons : c'est faire assez qu'aller de temple en tem- Rendre à chaque immortel les vcenx qui lui sont dus: Les jours donnés aux dieux ne sont jamais perdus.

'Soo courroux. Ce mot, dont l'emploi ett fréquent dans Marot et les poètes de ce temps , se consenre encore en poésie dans le style badin.

FIN DES CONTES ET NOUVELLES

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