APOLLON, LES NEUF MUSES, ACANTHE
La scène est aa Parnasse.
Apollon se plaignoit aux neuf Sœors , l'antre jonr, De ne voir presque plus de bons vers sur l'amour. Le siècle, disoit-il, a gâté cette affaire : Lui nous parler d'amour! Il ne la ' sait pas faire. ;Ce qu'on n'a point au cœur, l'a-t-on dans ses écrits ? rai beau communiquer de l'ardeur aux esprits; Les belles n'ayant pas disposé la matière, Amoon et vers, tout est fort à la cavalière. A&m donc, d beautés ! je §arde mon emploi Pour les surintendants sans plus, et pour le roi^.
«Ces lignes sont imprimées, non sous la forme d'arerttesèment , mais immédiatement après le coDte du petit chien qui secoue des pierreries, p. 147 du recueil des Contes et Nouvel' les en vers , 1671 inH2.
* Sot l'orthographe de ce mot, et d'antres tirés des Grecs , voyez Boissonade, édition de Télémaque, Paris, Lefévre, 1824 , in-8o. 1. 1 , p. 232. Marmontel et d'autres auteurs ont souvent écrit Acante, et Pelllsson, encore plus mal , Achante.
Acanthe est La Fontaine hii-même, et cette petite pièce retrace sans doute un incident des amours de sa jeunesse. Voyez VHUtoire de sa vie et de ses écrits, 1. 1 , p. 7 et 190 de l'édit. in-IS . et p. 112 de l'édit. in-8o.
3 On pouvoit alora bire amour féminin , même au singulier, et les éditeurs ont à tort corrigé le texte de La Fontaine en mettant il ne le sait pas faire.
4 Ces vers font présumer que cette comédie a été faite du temps que M. Fouquet étoit surintendant. Elle fut par conséquent composée avant 1661 .
Je viens pourtant de voir, au bord de ITlippoeiène, Acanthe fort touché de certaine Glymène. J'en sais qui sous ce nom font valoir leurs appas; Mais, quant à celle-ci, je ne la connois pas : Sans doute qu'en province elle a passé sa vie.
ÉRATO.
Sire, j'en puis parler; c'est ma meilleare amie. La province , il est vrai, fut toujours son séjour, Ainsi l'on n'en foit point de bruit en votre oonr.