‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 267 sur 670 · PROLOGUE · texte numérisé non relu

PROLOGUE

(Le théâtre s'ouvre, et laisse voir dans le fond et aux deux odtés une suite de nuages à dix pieds de terre* et dans ces nuages les palais des dieux. Les dieux y paroUnot airia et donnants. An-dessous de ces nuages , la terre est rcprtwntée telle qu'elle étoit incontinent après le déluge , vno les dâNris qv'U y a laissés. Pendant que la plupart des dieux donnent, Jupiter descend de sa machine, accompagné de Momus. Vteus, l'Amour, et Minerve, descendent aussi de la leur. )

JUPITKB.

Voiu, qui voulez qn*à la fureur de l'onde Jupiter mette an frein , et repeuple ces lieux. Vous vous lassez trop tôt d'être seuls dans le inonde; MiUe voeux vont troubler cette paix si profonde Dont la terre à présent laisse jouir les deux.

VENDS

Charmante oisiveté , repos délideux !

MINEBVI.

On plutôt, repos ennuyeux !

VÉNUS

Quoi! le sommeil pourroit aux déetses déplaire? Ne point souffrir, Ne point mourir.

Et ne rien faire,

' La FlOBtaine n'a publié l'opéra de Daphné qu'en 1682, à la suite du poime du Quinquina. Il l'avoit composé, en 1679 , à la prière de Lnlly, qui , sans l'en prévenir , lui préféra l'opéra de Proserpine, de Quioault, qu'il mit en musique. C'est i cette occasion que La Fontaine composa contre Lully la satire intitulée le Florentin, On peut connilter sur ce démêlé notre Histoire de la vie et des ouvrage* de Jean de La Fontaine (édit.in-fg. tll, p. 2^, et ledit. in4to. p. 167). L'opéra de Daphné ne fàt Jamais représenté.

Que peut-on souhaiter de mieiu?

Ce qui fiiit le bonheur des dieux , C'est de n'avoir aucune affidre ,

Ne point souffrir,

Ne point mourir.

Et ne rien fi^re.

HINEBTI.

Eit^» ainsi qa'oa a dea «uteit?

jDPim.

Xb bien, fiiiaoDi d'antres mortels : Tes talents et not aoins deviendront

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