SCÈNE IIL THARSIS, DAPHNÉ
THARSIS
Que Je dois au destin de m'avoir arrêté
En des lieux où l'on voit briller votre présenoe!
Vous y régnez par la beauté ,
Aussi bien que par la naissance : . -\
Souffrez que j'y demeure au rang de vos sujets.
DAPHNÉ
Non, seigneur; je ne puis recevoir vos hommages; Offrez-les à d'autres objets ; Abandonnez nos rivages :
Quel plaisir aurez-vous parmi des cœurs sauvages ?
THARSIS
Je vous verrai.
DAPHNÉ
Fuyez cette triste douceur.
n vaut mieux qu'une prompte absence Rende le calme à votre cœur, Que de vous vour enfin guéri par ma rigueur. Ma haine, on mon indifférence.
THARSIS
O Ciel ! lui dois-je ajouter foi?
Quoi ! ne pouvoir m'aimer ! me haïr ! me le dire ! Amour, tyran des cœurs , depuis que sous ta loi
On gémit , on pleure , on soupire , Fut-il jamais amant plus malheureux que moi ?
Que je sache au moins, inhumaine , Ce qu'a Tharsis en lui de si digne de haine ?
DAPHNÉ
Son amour, c'est assez : je le dis à regret.
Vous avez dans mon cœur quelque ennemi secn Qui met un voile sur ces charmes
A qui d'autres auroient déjà rendu les armes.
Enfin quittez nos bords , seigneur, vous feremie
Qui ne peut être aimé doit s'éloigner des lieux
Où sans cesse il peut voir le sujet de ses peines.
Faut-il livrer son cœur à d'éteraeHes gènes Pour le plaisir de ses yeux?
Je vous laisse, et me tais : ma fuite et mon silen Vous seront des tourments plus doux.
THARSIS
Princesse , demeurez : |e trouve votre abeew» Plus cruelle encore que vous.
^ÈNE IV.