ASTRÉE, ACTE II, SCÈNE III
Il alloit expirer ; Tonde irenoit d'éteindre
Le Yif éclat de ses attraits;
La pitié lai prêta ses traits.
L'oracle, les destins, tont lui fut fevorable; Rien ne vint s'opposer à ma naissante ardenr.
LÉONIDB.
Que de raisons ont fidt entrer dans votre cœur Un ennemi si redoutable!
GALATÉB.
Mes yeux me trompent-ils? C'est à toi d'en juger.
LéONIDE.
Princesse, il est charmant ; maisce n'est qu'unberger.
GALATÉE
Par les nœuds de l'hymen, le sceptre et la houlette
Se sont unis plus d'une fois.
L'amour n'est plus amour, dès qu'il cherche en ce
Une égalité si parfaite. • [ choix
Mon oœor est excusable ; et Galatée enfin Seroit-elley sans toi , dans cette peine extrême ?
Léonide , ce fut toi-même Qui me fis y malgré moi, consulter ce devin. Princesse, me dit-il, voici votre destin. Une étoile ennemie, autant que fovorable. Peut vous rendre en hymen heureuse ou misérable.
Dans ee miroir regardez bien ces lieux : Vers le déclin du jour il fendra vous y rendre; Celai qui s'offrira le premier à vos yeux Est réponx que le Ciel vous ordoime de prendre. J'aperços ce bei^ger : résisterai-je aux dieux ?
LéONIDE.
Princesse , son Astrée a pour lui trop de charmes.
GALATÉE
£h ! n'ai-je pas les mêmes armes?
N'est-ce rien que mon rang auprès de Céladon ?
UfONIDB.
Vous ne connoissez pas les bergers du Lignon. Leurs amours sont leurs dieux : l'ofTense la plus noire
Pour eux est l'infidélité.
Aimer, fait leur félicité ;
Aimer constanmient , ftit leur gloire.
GALATÉE
Toutes les conquêtes d'éclat
Flattent la vanité des hommes. [sonunes ,
Quelque constantsqu'ils soient , dans les lieux où nous La beauté dans mon rang ne fit jamais d'ingrat. Je tremble, je le vois. Quoi ! même en ma présence Il soupire, il se plaint aux édios d'alentour!
LÉONIDE
Il n'est plein que de son amour.
Par ses chagrins , jugez de sa constance.