CÉLADON, LÉONIDE
LÉONIDB.
Dans le fond de ce bois est un antre sacré;
Là , jadis chacun à son gré Pouvoit, en regardant dans une onde fidèle
Qui coule en ce lieu révéeé, Connoitre si l'objet en son cœur adoré
Ne bn^Ioit point de quelque ardeur nouTcUe. Cette fontaine a nom , la Vérité d'amour : On n'en approche plus; deux monstres à l'entonr Interdisent l'abord d'une source si belle.
CÉLADON
Léonide, je sais que cet enqjiantement
Nuit ou sert à plus d'un amant :
Voyez combien il m'est contraire.
Sans ces monstres pleins de fureur, Astrée auroit pu» lire en cette onde sincère
Mon innocence et son erreur;
Elle m'auroil trouvé fidèle.
LÉONIDB.
Vous aimez trop une beauté cruelle :
Oubliez-la : cédez à des transports plus doux, Et songez qu'en ces lieux il est une princesse
Dont les appas et la tendresse Sont dignes d'un amant aussi parfait que vous. Laissez la constance Aux heureux amants.
Vous souffrez mille tonnnents ; Vous aimez sans espérance.
Laissez la constance Aux heureux amants.
Des plaisirs les plus charmants Amour ici récompense De si justes cliangements.
Laissez la constance Aux heureux amants.
CÉLADON
Vous voulez m' engager sous un nouvel empire ; Et dans mes premiers feux je veux persévérer. Ce if est point par conseil que notre cœur soupire ,
Ou qu'il cesse de soupirer.
CÉLADON et LÉoy IDE, ensemble.
Ce n'est point par conseil que notre cœur soupire ,*
Ou ({u'il cesse de soupirer.
CÉLADON
Notre princesse est jeune et belle ; Elle mérileroil le cœur d'un souverain.
>lais celui d'uii beiiger ! quelle gloire pgH| fàktî
Nymphe, vous combattai en vain La foi que j'ai jurée :
Combattez-la quand vous verrez Astrée.
LÉONIDE
Sa beauté ne sauroit excuser sa rigueur. Céladon , il est >Tai , votre bergère est belle;
Mais elle est fière, elle est cruelle,
Elle abuse de votre cœur.
• CÉLADON
Ah ! si j'étois dans nos bocages!
Si leurs frais et sacrés ombrages PouToient servir de temple à l'objet de mes feux ! Si mon cœur y pouvoit sacrifier sans cesse
Au souvenir de sa déesse.
Que je me trouverois heureux!