‹ Œuvres complètes, avec des notesChapitre 333 sur 670 · CÉLADON, LÉONIDE · texte numérisé non relu

CÉLADON, LÉONIDE

LÉONIDB.

Dans le fond de ce bois est un antre sacré;

Là , jadis chacun à son gré Pouvoit, en regardant dans une onde fidèle

Qui coule en ce lieu révéeé, Connoitre si l'objet en son cœur adoré

Ne bn^Ioit point de quelque ardeur nouTcUe. Cette fontaine a nom , la Vérité d'amour : On n'en approche plus; deux monstres à l'entonr Interdisent l'abord d'une source si belle.

CÉLADON

Léonide, je sais que cet enqjiantement

Nuit ou sert à plus d'un amant :

Voyez combien il m'est contraire.

Sans ces monstres pleins de fureur, Astrée auroit pu» lire en cette onde sincère

Mon innocence et son erreur;

Elle m'auroil trouvé fidèle.

LÉONIDB.

Vous aimez trop une beauté cruelle :

Oubliez-la : cédez à des transports plus doux, Et songez qu'en ces lieux il est une princesse

Dont les appas et la tendresse Sont dignes d'un amant aussi parfait que vous. Laissez la constance Aux heureux amants.

Vous souffrez mille tonnnents ; Vous aimez sans espérance.

Laissez la constance Aux heureux amants.

Des plaisirs les plus charmants Amour ici récompense De si justes cliangements.

Laissez la constance Aux heureux amants.

CÉLADON

Vous voulez m' engager sous un nouvel empire ; Et dans mes premiers feux je veux persévérer. Ce if est point par conseil que notre cœur soupire ,

Ou qu'il cesse de soupirer.

CÉLADON et LÉoy IDE, ensemble.

Ce n'est point par conseil que notre cœur soupire ,*

Ou ({u'il cesse de soupirer.

CÉLADON

Notre princesse est jeune et belle ; Elle mérileroil le cœur d'un souverain.

>lais celui d'uii beiiger ! quelle gloire pgH| fàktî

Nymphe, vous combattai en vain La foi que j'ai jurée :

Combattez-la quand vous verrez Astrée.

LÉONIDE

Sa beauté ne sauroit excuser sa rigueur. Céladon , il est >Tai , votre bergère est belle;

Mais elle est fière, elle est cruelle,

Elle abuse de votre cœur.

• CÉLADON

Ah ! si j'étois dans nos bocages!

Si leurs frais et sacrés ombrages PouToient servir de temple à l'objet de mes feux ! Si mon cœur y pouvoit sacrifier sans cesse

Au souvenir de sa déesse.

Que je me trouverois heureux!

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