ACHILLE, ACTE 11, SCÈNE V
Cependant on a vu que je n'en manque pas. Avant que d'être ici conune esclave emmenée , Les monarques voisins briguoient mon byménée; Tous me vinrent offrir leur aide en mes malheurs : Je les vis tous périr, sans leur donner de pleurs; Je fis des vœux pour vous , ingrat ! contre moi-m&ne.
PATROCLE
Que ces rois sont heureux! mourir pour ce qu'on Mériter doublement de vivre en l'avenir.... [aime!
LYDIE
Je vous demande moins , et ne puis Tobtenir. Ne me préférez plus un fantôme de gloire. Après m'avoir conquise , est-il quelque victoire Qu'un cœur ambitieux ne doive dédaigner ? Ne vous suffit-il pas d'avoir su me gagner? Considérez l'état où je serois réduite, Si ce combat avoit une funeste suite.
PATROCLE
Adiille vous seroit toujours un protecteur.
LYDIE
Achille est de mes maux le principal auteur ; Et vous , par ce discours vous offensez Lydie : Qu'ai-je besom, sans vous , de conserver ma vie? ^ le destin me veut à ce point affliger, Les enfers me sauront contre tous protéger.
PATROCLE
Madame , au nom des dieux , cessez de me conlondre : Voici ce que je puis en deux mots vous répondre. Plût aux dieux qu'il falliU donner mon sangpourvous 1 Le trépas n'auroit rien qui ne me semblât doux. Mille fois en un jour demandez-moi ma vie , Vous serez avec joie aussitôt obéie :
Je ne préfère point ma gloire à vos attraits; Du déshonneur, sans plus , j'appréhende les traits : Vous y devez pour moi vous-même être sensible. On s'en va renverser ce mur inaccessible. Verrai-je , pour un jour, tous mes jours diffunés ?
Vous me haïriez lors autant que vous m'aimez : Quand vous le souffririez , je me dois satisfaire.
LYDIE
Va , de tels sentiments ne me sauroient déplaire. J'ai voulu t'émouvoir; mais, si je l'avois fait , Je m'ai applaudirois peut-être avec regret. Rien ne presse ; jouis encor de ma présence. Tes projets sont remplis de trop d'impatience : Je te laisse à l'hoimeur sacrifier ce jour ; Mais tu me dois aussi quelques moments d'amour....
( voyant entrer A. bâte. ) Le Ciel nous les envie; Arbate te vient dire Que tout est prêt, que tout à ta gloire conspire.... Peut-être à mou malheur !
PATROCLE
Madame , espérons mieux.
LYDIE
Avant que de courir à ces funestes lieux , Approche et tends la main. Celle-ci t'est donnée Pour gage des douceurs d'un fidèle hyménée. Te voici mien , Patrocle , et tu n'es plus à toi. Sois avare d'un sang que je prétends à moi.... J'entends déjà le bruit des premières alarmes : Allons, mes propres mams te vêtiront les armes. Promets-moi, tout an moins, de modérer ton oœur.
PATROCLE
Je vous promets de vaûficre , après cette faveur.
Oq ne oonoott point le reste du plan do cette Uragédie, et fl n'y a point d'apparence que La Foalaiac l'ait acbe- ▼ée. On voit leulemeat qu'il a fait beaucoup de oorrectioDs aux fen de ces deux premiers aclcsy et qu'il avoit de»ein de changer qudque chose au plan. C'est ce qui parott par oette note 9 placée à la tète du roanufcrit :
c Peut-être ftiutril, an quatrième acte , qulllyne et Pbcec nix tâchent d'obliger Achille à souscrire qu'on donne à c Patrocle la aépulture. »
FIM D ACHILLE.
Si sur les méchants vers on mettoit la police ; Et c'est y pour an portrait mettre les derniers traits, Le plus grand petit fou qui se soit tu jamais y Et qui depuis Roland ait couru la campagne. Sans ûftate avec la troupe il vient, U raccompagne; Je cours au-devant d'eux.
B. BOUVILLON
Et moi, j'y vais aussi.