RAGOTIN, ACTE III, SCÈNE VII
LA HAKCCNB.
CestRagoUn.
RAGOTIN
Que sens-je ici? c'est une bière.
Hélas ! sans le savoir, seroîs-je trépassé ?
LA RANCUNE
n se croit enterré lorsqu'il n'est qu'encaissé.
L'éroiLB, à Isabelle, Sans doote il l'a trouvé. •
Voudra-t-il nous le rendre?
l'étoile.
Je ne sais : pour l'avoir il faut tout entreprendre.
RAGOTIN , dans la caisse' Je snis mal enterré ; messieurs , sortez d'erreur : C'est par un quiproquo. Fossoyeur ! fossoyeur î Retirez-moi d'ici, rendez-moi la lumière.
la RANCL'NK.
Quelqu'un, veoei m'aider.
RACOTIN.
Déclouez cette bière.
l'étoile.
Non y restons en ces lieux ; il faut faire un effort Pour le ravoir.
LA rancune.
j Levons la caisse.
j^^ RAGOTIN.
Suis-je mort ?
Mais je vois des objets dont mon ame est ravie. Aurions-nous de concert fait box bond à la vie ? Hem ! pour voir, patinons.
l'étoile , lui donnant im coiÊp é» hac sur
les doigts,
Alte!
RAGOTIN va à Isabelle, qui lui donne un
soufflet.
Elle frappe fort.
Insolent!
RAGOTIN
Je sens bien que je ne suis pas mort !
LA RANCUNE
Non, puisque vous parlez : mais cette couleur fade, Ce visage plombé , nous marque im air malade : L'éles-voQS?
RAGOTIN
Attendez ; suis-je bien éveillé?
Je ne sais.
LA RANCUNE
La sueur dont vous êtes mouillé Vient de réplétion , suivant la médecine. Fi ! cela sent mauvais.
RAGOTIN
Oui , cela sent l'urine.
Ab , maudit urinenr ! il m'en souvient : c'est toi
Dont la niaiti , cette nuit, a répandu sur moi L'infernale liqueur d'un profond pot de cliamlire , Qui n'étoit point rempli de civette ni d'ambre.
LA RANCUNE
Il faut que, cette nuit , rempli de ^n sans eau , Quelque chose vous ait barbouillé le cerveau. Croyez-moi , rappelez votre réminiscence ; £t , prenant vos habits , couvrez votre indécence Vous vous souviendrez mieux étant rassis. RAGOTIN , trouvant son pourpoint trop étroit.
Point , point. Mais que vois-je ? auroit-on rétréci mon pourpoint ? Ou mon corps seroitril plus gros qu'à l'ordinaire ? La Rancune , est-il point remployé par derrière ?
LA RANCUNE
Non.
RAGOTIN
Il est d'un bon pied par-devant trop étroit : D'où vient ?
LA RANCUNE
J'ai peur d'avoir touché la chose au doigt , Et que vous ne soyez malade.
RAGOTIN
Moi, malade!
Hélas!
LA RANCUNE
Cette grosseur encor le persuade.
Mettez le haut-de-chausse , on verra.
RACKXriN.
C'est bien pis.
LA RANCITNE.
Ne vous trompeirvous point ? sont-ce là vos habits ?
RAGOTIN
Ce sont eux. Quelle enflure ! ah ! j'ai l'ame saisie, La Rancune ; et d'où vient cela?
LA RANCUNE
D'hydropisie.
En meurt-on?
LA RANCUNE
• Rarement on en réchappe.
RAGOTIN
Hélas!
La Rancune, au besoin, ne m'abandomie pas.
LA RANCUNE
Non , non, jusqu'au tombeau je vous escorte.
RAGOTIN
A l'aide !
LA RANCUNE
Allons, courons, cherchons promptement du remède.
RAGOTIN , sortaiil.
Qu'on me soutienne.
l'étoile , arrêtant ta Ranetuu.
Avant que de vous en aller, De grâce.. ••